Dossier Stérilet : stop aux idées reçues !

le stérilet n'est pas réservé aux femmes qui ont déjà eu des enfants.
Le stérilet n'est pas réservé aux femmes qui ont déjà eu des enfants. © JPC-PROD - Fotolia.com

En France, même si l'utilisation du stérilet semble en progression depuis la crise de la pilule, elle demeure encore peu répandue. Alors que d'autres pays, comme la Grande-Bretagne l'utilisent depuis plus de 30 ans, le stérilet n'a jamais eu la cote dans l'hexagone. Et si le mot "stérilet" lui avait causé du tort ? "Dans aucun autre pays, ce contraceptif est associé ainsi à la notion de stérilité, s'étonne le Dr Thierry Harvey, qui pose des DIU au cuivre et hormonaux depuis des années. En Grande-Bretagne, on parle ainsi de IUD pour "intra uterine device". On devrait vraiment arrêter d'utiliser ce terme tellement effrayant pour les femmes". Par ailleurs, les médecins, encore aujourd'hui, sont peu enclins à le proposer. Selon un rapport de la Haute autorité de santé (HAS) publié en avril 2013, il existe un nombre important de freins médicaux à la pause du stérilet : méconnaissance des risques, manque de formation technique, contraintes matérielles et de temps. Par ailleurs, des facteurs culturels, religieux ou philosophiques peuvent également conditionner le choix d'une méthode contraceptive. "Il y a encore de gros blocages y compris de la part des médecins", confirme le Dr Harvey. "Pourquoi d'un côté de la Manche, dans un pays protestant, c'est une contraception habituelle, quand de l'autre côté, en France, dans un pays aux fondements catholiques, c'est une contraception quasi non utilisée ?"

Il existe donc encore un grand nombre d'idées reçues à son sujet. En voici quelques unes :

Le stérilet ne peut pas être posé chez une jeune fille qui n'a jamais eu d'enfants ?
Faux ! Il est possible de poser un stérilet aux femmes qui n'ont jamais eu d'enfants. C'est d'ailleurs une recommandation des autorités de Santé depuis 2004 et selon laquelle : "les dispositifs intra-utérins (DIU) ne sont pas uniquement destinés aux femmes ayant eu un ou des enfant(s) (multipares)".

"Bien sûr, on peut poser des stérilets chez les femmes n'ayant jamais eu d'enfants, même les plus jeunes, confirme le Dr Thierry Harvey. 

Et si elle a 35 ans et que son horloge biologique tourne ? "Effectivement dans ce cas précis, la probabilité qu'elle tombe enceinte diminue et il faut lui expliquer. Mais ceci dit, si c'est son choix, ça n'est pas un problème. Pour commencer, le DIU n'est ni compliqué à mettre, ni à retirer. Et il faut savoir qu'à partir du moment où une femme décide de retirer son stérilet parce qu'elle a envie de tomber enceinte, le retour à la fertilité est de 3-4 mois, soit la même durée qu'après avoir pris la pilule."

Le DIU augmente le risque d'IST ?
Faux ! Le DIU n'augmente pas le risque infectieux. En fait, 9 % des femmes entre 25 et 35 ans ont des infections à chlamidiae dans le col et on sait que la pose d'un DIU va favoriser l'infection dans les 3-4 semaines qui suivent. C'est pourquoi, il faut toujours vérifier l'absence d'infection au niveau du col, avant la pose du DIU. "Il s'agit d'un simple prélèvement, rassure le Dr Harvey. En cas de test positif, il suffit de décaler la pose du stérilet, le temps de soigner l'infection."
Rappelons par ailleurs, que la pose d'un stérilet ne dispense pas de l'utilisation du préservatif pour se protéger des infections sexuellement transmissible.

On dit que le DIU augmente le risque de grossesse extra-utérine ?
Faux. Il y a moins de grossesses extra-utérines (GEU) quel que soit le type de stérilet que dans la population générale. Par ailleurs, le fait d'avoir déjà fait une GEU n'est pas une contre-indication au stérilet.  

La pose d'un stérilet est un acte compliqué pour la patiente ?
Faux ! Finalement, ce qui est le plus compliqué pour la patiente, c'est qu'il s'agit d'un acte qui touche à l'intimité. Mais c'est un peu comme quand le gynécologue réalise un frottis : en étant détendue, ça se passe bien. "Il est indispensable que la patiente se sente en confiance et que les gestes de son gynécologue soient le plus naturels possibles, confirme le Dr Harvey. Et puis, il faut aussi tenir compte de l'appréhension de chacune et surtout de son âge et de son anatomie. Effectivement une jeune femme qui n'a jamais eu d'enfants risque de trouver ce geste plus douloureux. Si besoin, on peut prescrire un relaxant." Quand au risque de perforation de l'utérus parfois évoqué, il est "exceptionnel" rassure encore le gynécologue.

Le stérilet hormonal augmente le risque de thrombose veineuse ?
Faux. "Dans le stérilet hormonal, il y a de la progestérone. C'est donc une contraception contre-indiquée aux femmes ayant des antécédents de cancer. En revanche, il n'existe aucun sur-risque cardiovasculaire avec un DIU, y compris un DIU hormonal", explique Thierry Harvey.

Voici les principales contre-indications : les malformations utérines, les saignements anormaux entre les règles ou encore les anomalies de la coagulation pour le DIU au cuivre. 

Les règles sont plus abondantes avec le stérilet ?
Vrai et faux. "Effectivement, les règles sont souvent plus abondantes avec le stérilet au cuivre, confirme le Dr Harvey. Mais ça n'est pas non plus une généralité. En revanche, c'est tout à fait le contraire avec le stérilet hormonal, qui fait disparaître les règles la plupart du temps. Ce qui d'ailleurs peut être un problème pour certaines femmes qui tiennent à conserver leurs règles. Dans certains pays d'Afrique par exemple, les règles représentent l'élimination des impuretés. Donc c'est vraiment un choix culturel et personnel.

Le stérilet peut être douloureux ?
Faux. "Certes, il peut provoquer quelques maux de ventre dans les jours qui suivent sa pose, mais très vite, l'utérus s'habitue et on l'oublie", commente Thierry Harvey.

Et les partenaires, peuvent-ils les sentir au cours des rapports ? Pour commencer, rappelons que le stérilet est posé dans l'utérus alors que les rapports se déroulent dans le vagin. Le stérilet en lui-même ne peut donc pas causer de gène pour le partenaire. Seuls les fils peuvent parfois sortir de l'utérus. "Dans la plupart des cas, le partenaire ne sent rien", rassure le gynécologue. En cas de gêne, le médecin peut raccourcir les fils." 

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