L'interruption volontaire de grossesse (IVG) : délais, démarches

L'IVG, comment ça se passe ? Où s'adresser ? Quels sont les délais ? A l'occasion de la prochaine diffusion du documentaire "IVG, 40 ans après", lundi 19 octobre à 23h50 sur France 3, faisons le point sur ce qu'il faut savoir sur l'IVG.

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) : délais, démarches
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Quel est le délai légal pour pratiquer une IVG ?

  • L’IVG instrumentale peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 12ème semaine de grossesse, soit 14 semaines après le début des dernières règles
  • L’IVG médicamenteuse est pratiquée jusqu’à la fin de la 5ème semaine de grossesse, soit au maximum 7 semaines après le début des dernières règles. 
    En établissement de santé, ce délai peut être prolongé jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après le début des dernières règles). 

Qui peut bénéficier d'une IVG ?

Toute femme, qu'elle soit majeure ou mineure a le droit de bénéficier de ce délai légal pour mettre fin à une grossesse non désirée. Une jeune fille mineure, n'a pas nécessairement besoin de l'accord de ses parents pour en faire la demande. Même s'il est important qu'elle soit soutenue par ses parents, elle peut très bien choisir de garder le secret si ce consentement n'est pas obtenu. Les professionnels de santé ont besoin de connaître son nom mais ils sont tenus au secret médical. Aussi, sa demande de secret vis-à-vis de ses parents doit être respectée. Elle peut alors se faire accompagner par une personne majeure de son choix. De même, toute femme majeure a le droit de faire une IVG sans en informer son mari. C'est une démarche personnelle.
Les femmes étrangères peuvent également accéder au droit à l'IVG.

Où s'informer ?

Il existe plusieurs structures vers qui se tourner pour obtenir des informations et une aide pour effectuer les démarches nécessaires à l'IVG. Il s'agit :
- des centres de planification familiale ;
- des permanences régionales d'information sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse ;
- des centres de santé ;
- les établissements d'information, de consultation et de conseil familial.

Les coordonnées des structures par régions sont disponibles sur le site du Ministère de la Santé.

Où peut-on la pratiquer ?

L'IVG médicamenteuse peut être réalisée soit dans un établissement hospitalier, soit dans un cabinet médical libéral, soit dans un centre de planification familiale, soit dans un centre de santé.
L'IVG chirurgicale est pratiquée uniquement dans un établissement hospitalier.
A savoir : tous les établissements de santé ne pratiquent pas les IVG. Il faut donc s'en informer le plus rapidement possible afin de ne pas dépasser le délai légal. Par ailleurs, certains d'entre eux sont surchargés et les délais peuvent donc être longs.
L'IVG fait partie des exceptions au parcours de soins coordonnés : il est possible de consulter un médecin autre que le médecin traitant. De plus, il est possible de prendre rendez-vous avec un gynécologue directement sans passer par la case médecin traitant.

Avant l'IVG : deux consultations obligatoires

 Première étape : la demande d'IVG. Pendant l'entretien, le médecin informe sa patiente des différentes méthodes d'IVG, des lieux où la pratiquer et des risques et effets secondaires. Cet entretien médical est aussi l'occasion de faire part des éventuelles inquiétudes rencontrées et de demander des précisions sur les étapes de l'IVG afin de prendre une décision éclairée. Le médecin propose par ailleurs à sa patiente un entretien psycho-social avec une conseillère conjugale, une assistante sociale ou une psychologue. Celui-ci est obligatoire pour les femmes mineures et facultatif pour les femmes majeures. A l'issue de cette première consultation, le médecin remet une attestation de consultation.
 Deuxième consultation obligatoire. Lors du 2e entretien avec le médecin, la femme confirme sa demande d'IVG et décide avec le médecin où et comment elle souhaite pratiquer son IVG. A noter, qu'il n'existe plus de délai obligatoire de 7 jours à respecter entre les deux consultations. En effet, la suppression de ce délai de réflextion a été votée à l'Assemblée nationale et également adoptée par le Sénat le 18 septembre 2015. Ainsi, il devrait permettre aux patientes d'avoir plus facilement accès à l'IVG médicamenteuse, un procédé moins lourd, mais autorisé seulement jusqu'à cinq semaines de grossesse.

Comment se fait l'interruption de grossesse ?

En France, il existe deux méthodes pour interrompre une grossesse. La technique utilisée dépend du souhait de la femme et du terme de la grossesse.

 L'IVG médicamenteuse
Elle consiste en la prise de deux comprimés au cours de deux consultations en présence d'un médecin. Elle se fait soit en médecine de ville (cabinet médical, centre de planification familiale, centre de santé) jusqu'à la fin de la 5e semaine de grossesse, soit en établissement de santé jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse.
-Le 1er médicament (Mifégyne®) permet d'interrompre la grossesse. Des saignements plus ou moins abondants peuvent survenir, mais ne dispensent de la prise du 2 médicament.
-Le 2e médicament (Gymiso®) doit être pris 36 à 48 h plus tard. Il sert à expulser l'œuf. A noter que les contractions utérines qu'il provoque peuvent être douloureuses (proches ou plus fortes que des douleurs de règles). Des antalgiques sont alors prescrits pour les diminuer. Les saignements surviennent plus ou moins rapidement après avoir pris ce 2e médicament et durent généralement une dizaine de jours.
Entre le 14e et le 21e jour après la prise du premier médicament, une visite de contrôle obligatoire permet de vérifier que la grossesse a bien été interrompue. Mais aussi de proposer une contraception et si besoin un soutien psychologique.

 L'IVG chirurgicale
Elle peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 12e semaine de grossesse et se pratique obligatoirement dans un établissement de santé.
Techniquement, l'IVG consiste en une dilatation du col de l'utérus puis une aspiration de l'œuf. L'ouverture du col utérin étant facilitée par l'administration d'un médicament. L'intervention, qui dure une dizaine de minutes, peut se faire sous anesthésie générale ou locale. Une hospitalisation de quelques heures est suffisante.
Et après ? La mise en place d'une contraception est indispensable dès que l'IVG est effectuée. Une visite de contrôle doit être faite entre 2 à 3 semaines après l'intervention afin de s'assurer qu'il n'y a pas de complication et que tout se passe bien. Par ailleurs, une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée si la femme éprouve le besoin de parler de sa situation.

IVG : quelle prise en charge ? 

Les frais engendrés par une IVG sont pris en charge à 100 % par la sécurité sociale, tant pour les femmes mineures que majeures. Son tarif dépend de la technique d'IVG et du lieu où elle est pratiquée. En savoir plus sur le site ameli.fr

Plus d'infos

 
A noter qu'il existe des sites d'information sur l'IVG trompeurs. Par exemple, le site "www.ivg.net" se présente comme un "centre national d'écoute anonyme et gratuit" et comme "centre de documentation médicale sur l'avortement". Il propose en outre un numéro vert d'écoute. Cependant, l'association qui édite ce site n'a rien d'officiel. Pire, on trouve presque exclusivement des témoignages négatifs sur l'IVG ainsi que des études sur les "troubles psychologiques" liés à celle-ci.

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