Frottis : tous les 3 ans, jusqu'à 65 ans, vaccinées ou non

En France, 40 % des femmes ne font pas de frottis régulièrement. Pourtant, grâce au dépistage, le cancer du col de l'utérus peut être évité dans 9 cas sur 10.

Frottis cervical : tous les 3 ans, dès 25 ans
© Denis Ismagilov - 123 RF

A quand remonte votre dernier frottis ? Si vous prenez la pilule, il est probable que votre gynécologue vous en ait fait un récemment au cours d'un examen gynécologique. Cet examen, à faire entre 25 et 65 ans, est essentiel. Et pour cause : il permet de détecter les lésions précancéreuses et cancéreuses du col afin de les traiter (si besoin) le plus tôt possible.

A l'occasion de la semaine européenne de prévention et de dépistage du cancer du col de l'utérus, qui se déroulera du 22 au 28 janvier 2017, l'Institut national du cancer (Inca), en partenariat avec le ministère de la santé et les caisses d'assurance maladie, lance une campagne d'information (radio et digitale) centrée sur le dépistage de ce cancer. Avec un message-clé : grâce au frottis de dépistage, le cancer du col de l'utérus peut être évité dans 9 cas sur 10. Cette campagne 2017 s'inscrit dans la perspective de la généralisation du dépistage organisé, prévue pour 2018, qui a pour objectif "la réduction de 30% à 10 ans de l'incidence et du nombre de décès par cancer du col de l'utérus, tout en luttant contre les inégalités d'accès et de recours au dépistage".

Le dépistage permet, d'une part, d'identifier et de traiter des lésions précancéreuses avant qu'elles n'évoluent vers un cancer et, d'autre part, de détecter des cancers à un stade précoce, dont le pronostic est bien meilleur qu'à un stade avancé.

Pourtant, 40 % des femmes n'ont pas réalisé de frottis régulièrement ces quatre dernières années, selon l'Inca.

Le problème, c'est que de nombreuses femmes ne bénéficient pas d'un suivi gynécologique régulier. L'âge a également un impact puisque après 55 ans, une femme sur deux ne fait pas de frottis, contre une femme sur trois avant cet âge. Pourtant, il faut rappeler que les frottis restent utiles, même après la ménopause. En effet, les anomalies liées aux papillomavirus humains (HPV) évoluent lentement et peuvent donc être diagnostiquées de nombreuses années plus tard (jusqu'à 30 ans). Autre population chez laquelle le dépistage n'est pas suffisant, les femmes de catégories socioéconomiques les moins favorisées ou habitant certains départements à faible densité médicale. "49% des femmes bénéficiaires de la CMU-C ne font pas de frottis régulièrement, de même que 61 % des femmes résidant dans des lieux considérés comme les plus défavorisés", précise l'Inca.

Le frottis : à quelle fréquence ? par qui ? 

En pratique, cet examen doit être effectué tous les 3 ans entre 25 ans et 65 ans, que l'on soit vaccinée ou pas contre les papillomavirus. De fait, le vaccin ne protège pas de tous les papillomavirus. Enfin, quel que soit son âge, l'absence de rapports sexuels ne dispense pas d'un dépistage régulier. 

En France, près de 9 frottis sur 10 sont réalisés par les gynécologues à l'occasion des visites gynécologiques de routine. S'ils ne pratiquent pas eux-mêmes le frottis, les médecins généralistes peuvent toutefois orienter leurs patientes vers un autre professionnel de santé ou une autre structure pratiquant cet examen (centres de santé, laboratoires d'analyses avec une prescription médicale, centres d'examens de santé dans le cadre du bilan de santé, centres de planification). Les sages-femmes peuvent également effectuer cet examen avant, pendant et après la grossesse. A noter qu'un quart des femmes enceintes ne font pas de frottis, pourtant recommandé durant la grossesse s'il n'a pas été réalisé dans les 2 à 3 ans précédents.

© Inca

Le cancer du col de l'utérus est un cancer qui démarre après une infection au virus HPV que 80 % des femmes rencontrent au début de leur vie sexuelle. Il s'agit d'une infection banale et sans complication, qui disparaît spontanément. Il arrive, plus rarement, dans environ 5 % des cas, que ce virus provoque des lésions génitales mais qui vont régresser spontanément. L'évolution vers les lésions précancéreuses est très rare (on les détecte chez moins de 1 % des femmes), mais environ 60% d'entre elles peuvent évoluer vers un cancer. En France, 3 000 femmes développent chaque année un cancer du col et 1 100 en décèdent. 

En savoir plus : Cancer de l'utérus, les réponses à vos questions sur le site de l'Inca.

En vidéo : comment se passe le dépistage du cancer de l'utérus ?

Lire aussi :