Accompagner les autistes

La journée mondiale de sensibilisation à l’autisme qui s’est déroulée le 2 avril dernier nous offre l’occasion d’expliquer en quoi la sophrologie peut aider ces personnes à mieux vivre.

L’autisme suscite souvent des peurs et une certaine méconnaissance de la réalité des troubles de la part du grand public. Rappelons que cette maladie se présente sous des formes variées. Ainsi, contrairement à certaines idées reçues, certains autistes sont tout à fait capables d’exercer un emploi et de vivre de manière relativement autonome. En France, l’autisme concerne 650 000 personnes et on estime qu’une naissance sur 100 est touchée par les troubles du spectre autistique (TSA) (source : vaincrelautisme.org). Les causes de la maladie, en partie génétiques et environnementales, ne sont pas encore totalement élucidées. Il s’agit d’une maladie neurologique (et non psychologique) qui affecte le fonctionnement du cerveau et du système immunitaire, générant une hypersensibilité émotionnelle ainsi que des troubles du comportement. Si la prise en charge des autistes reste encore insuffisante, l’apport de certaines pratiques telles que la sophrologie, se révèle efficace dans le cadre d’un accompagnement pluridisciplinaire.

Développer l’estime de soi

La sophrologie permet en premier lieu de travailler sur l’estime de soi souvent mise à mal chez les autistes et ce, dès leur plus jeune âge. La plupart du temps, les autistes ont conscience de leurs troubles et des difficultés qu’ils rencontrent dans leur vie relationnelle. Ils sont souvent seuls et se sentent victimes d’un sentiment d’exclusion. En effet, le handicap (encore plus mental que physique) suscite fréquemment des réactions de rejet de la part des autres. Par ailleurs, les tentatives répétées de mises en relation, pas toujours adaptées en raison de leurs modes de fonctionnement particuliers, et les échecs relationnels qu’ils traversent finissent par abîmer une estime d’eux-mêmes déjà mise à mal par les troubles dont ils souffrent.

La sophrologie est une pratique particulièrement adaptée et efficace pour les aider à la fois à reprendre confiance en eux et favoriser des échanges satisfaisants avec leur environnement. Une piste de travail consiste à partir d’une situation génératrice d’anxiété sociale et d’aider la personne autiste à mobiliser des ressources pour pallier les difficultés relationnelles et y faire face le plus sereinement possible. Il peut s’agir pour la personne d’être capable de s’adresser à un vendeur dans un magasin, par exemple. Cette situation est souvent vécue difficilement car la personne autiste se trouve exposée à une hyperstimulation (bruit, foule, environnement inhabituel, peur de ne pas être compris ou jugé...) qui peut vite la dépasser et générer une anxiété plus ou moins invalidante.

Lors des séances, le sophrologue tente de comprendre le plus précisément possible ce que ressent la personne autiste dans cette situation afin d’adapter son discours. Dans un deuxième temps, il propose, à partir d’un travail de visualisation, de se projeter positivement dans la scène en imaginant que tout se déroule pour le mieux. Il s’agit d’un travail proche de celui qui peut être proposé dans l’accompagnement de personnes souffrant de phobies ou d’attaques de panique. Une fois que la personne se sent apaisée et prête à affronter la scène redoutée, elle s’y confronte. Renforcé par ce travail de préparation mentale, l’issue se révèle positive dans la plupart des cas. Ces succès remportés représentent autant de ressources sur lesquelles le sophrologue pourra s’appuyer en cas de fléchissement ultérieur de l’estime de soi.

Mieux gérer l’anxiété dans la vie quotidienne

Une seconde approche consiste à accompagner la personne autiste lors de la survenue de crises d’anxiété qui peuvent se manifester dans des contextes variés.

Souvent attachées à des rituels, les personnes autistes sont rapidement déstabilisées et en proie à l’angoisse si les événements ne se déroulent pas exactement comme prévu, ou si elles doivent modifier leurs habitudes. Cet axe de travail vise à les doter d’outils disponibles à tout moment lorsqu’elles ont besoin d’apaisement dans leur vie quotidienne. Le sophrologue propose alors des exercices de relâchement musculaire et travaille également sur la respiration. Le recours à une image ressource (image apaisante qui a du sens pour la personne) lors de la visualisation permet de créer un fil conducteur facilitant la mise en place d’une nouvelle habitude qui sera intégrée progressivement dans le quotidien de la personne. Pour que le processus se mette en place, plusieurs séances sont souvent nécessaires.

Adapter le cadre de travail thérapeutique

Pour le sophrologue, l’enjeu consiste notamment à adapter la méthode de manière à construire une relation d’aide sur la base d’une confiance mutuelle. Il est important que le sophrologue pose des consignes claires et précises afin que la personne puisse s’approprier les exercices et les reproduire dans son quotidien. Enfin, un environnement familier et la présence d’une personne rassurante sont parfois nécessaires pour mettre en place un accompagnement efficace.