ASCO 2014 : l’immunothérapie au cœur de tous les espoirs

Le congrès 2014 de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO) vient de se refermer. Parmi les pistes prometteuses évoquées, celle de l’immunothérapie pourrait constituer une véritable révolution.

Les choses bougent, et vite : "Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça", s’enthousiasme le Dr Christophe Le Tourneau, oncologue médical, responsable de la médecine de précision à l’Institut Curie.
"Aujourd’hui, on guérit entre 50% et 60% des cancers, mais la situation est très différente selon que le cancer est localisé ou métastatique, quand il s’est déjà propagé dans l’organisme", explique le Dr Le Tourneau. Dans le premier cas, la guérison est envisageable alors que dans le second elle n’est à présent que très rarement possible. Pour ces patients métastatiques, la stratégie consiste à tenter de transformer la maladie en pathologie chronique : le cancer est toujours là, mais on tente de le contrôler. 
"Avec cette nouvelle classe de médicaments qu’est l’immunothérapie (elle consiste à restaurer le système immunitaire afin de détruire les cellules tumorales, ndlr), on entrevoit un véritable espoir de rémission pour certains patients." Ainsi, les molécules anti-PD1/PDL1, que l’on savait déjà efficaces dans les cancers métastatiques du poumon et les mélanomes, s’avèrent également efficaces dans les cancers ORL, de la vessie, du rein et de l’ovaire, avec 20% à 40% des patients dont la taille du cancer diminue de plus de 30% et 10% à 15% des patients avec des réponses prolongées. Ces molécules sont à l’heure actuelle évaluées dans une multitude d’autres cancers, notamment à l’Institut Curie.
Restent toutefois de nombreuses inconnues : ces effets positifs seront-ils durables ? Si la réponse est complète, le traitement pourra-t-il être arrêté ? Et quid des effets secondaires ? "Ces traitements peuvent être assez toxiques puisque leur rôle est de réactiver le système immunitaire, explique Christophe Le Tourneau. Ils peuvent donc déclencher des réactions auto-immunes, au niveau digestif et cutané notamment."
Un vaccin contre le cancer, c’est possible ?
Plusieurs approches de vaccination se développent : elles consistent à orienter les défenses immunitaires contre les cellules tumorales. L’explication en vidéo avec le Dr Vassili Soumelis, immunologiste à l'Institut Curie

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Crédit photo : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie