Orthorexie ou quand le mieux est l’ennemi du bien dans l’assiette

La diététique a une place importante dans notre société. Pourtant, les conseils santé initiés à juste titre sont mis à mal par la succession des scandales sanitaires, la malbouffe qui gagne du terrain ou encore la perte progressive de nos repères alimentaires. Face à ces contradictions, il arrive que les comportements dérapent. Le besoin ou plutôt l’obsession de manger sainement s’installe, cela devient alors une préoccupation envahissante. Cette névrose porte un nom : l'orthorexie.

Quand le besoin de manger sainement rend malade. Les personnes souffrant d'orthorexie senferment dans un hypercontrôle alimentaire. Elles sélectionnent les aliments en fonction des bienfaits quils peuvent apporter à lorganisme. Toute notion de plaisir est exclue.

Ce qui est ingéré doit représenter un intérêt nutritionnel et être exempt de toute contamination. La provenance des aliments doit-être connue et les vitamines préservéesLangoisse de consommer un produit diététiquement incorrect ou pouvant comporter des risques sanitaires les conduit dans un enfermement qui les prive dune bonne partie de leur vie sociale. Il  est impossible denvisager un repas chez des amis ou au restaurant. Cest une véritable souffrance. 

De nombreuses heures dans la journée sont consacrées à lorganisation des menus et à la confection des repas. Tout doit être planifiéL'orthorexique retire une grande satisfaction à accéder à une alimentation pure et saine. Ce contrôle et l'impression de se faire du bien en respectant son corps l'entraîne dans des sentiments extrêmes. C'est à la fois une grande fierté mais aussi une énorme souffrance. En effet, sa quête est vaine. La moindre entorse au programme ou le moindre événement alimentaire imprévu le plonge dans une immense détresse. En voulant exercer un contrôle absolu, il accentue son angoisse quand celui-ci lui échappe. Il entretien ainsi sa peur.

Pourtant, ces patients ont tendance à peu consulter. Il est vrai que manger sainement et de manière équilibrée fait partie des choses que nous valorisons dans la société daujourdhui et cest plutôt une bonne chose. Mais, lorsque le contrôle des ingesta gâche la vie et occupe une place trop importante au quotidien, cela demande une prise en charge médicale. Il sagit de faire baisser le niveau dangoisse et de ramener le patient à une vie plus confortable.


Je tiens à vous adresser ici les deux commentaires que j’ai postés suite à de vives réactions au sujet de mon article.

Mon commentaire du 19/11/2013:

Afin de lever toute ambiguïté, sachez que je ne cesse de prôner une alimentation saine et équilibrée. Je m'efforce simplement d'illustrer dans cet article un trouble du comportement alimentaire, qui plonge certains patients contre leur volonté dans une détresse psychologique et un isolement. Eu égard à la sensibilité de cette question, je tiens à préciser que mes propos ne cherchaient en aucun cas à offenser qui que ce soit ( et encore moins ceux qui comme moi cultivent le bien-manger) et ne souhaite pas que d'amalgames malheureux soient faits.

 Mon commentaire du 23/11/2013:

Ces commentaires me laissent à penser que l’ambigüité est bien présente dans l’esprit des gens. Cela me gène énormément que tous les articles sur le web au sujet de l’orthorexie soient interprétés de la sorte. Je ne peux laisser imaginer que les personnes qui mangent bio sont des orthorexiques. C’est un raccourci intolérable. En effet, l’orthorexie n’est pas la maladie des gens qui mangent bio !!! C’est une phobie qui empêche de manger normalement y compris des aliments bio (une carotte conservée 2 jours au frigo n’est déjà plus consommable pour un orthorexique même si elle est bio. Idem pour ce qui est gras et sucré, c’est exclu de leur alimentation). Il ne faut pas pour autant dénigrer cette maladie qui comme tous les troubles du comportement alimentaire est bien réelle même si elle ne concerne qu’un petit nombre et dans ce cas bien précis peut pousser à ne plus s’alimenter du tout. Que ceux qui (comme moi) mangent du bio se rassurent, ils vont bien (si tant est qu’il faille le rappeler !) S’il faut que je les aide à faire passer ce message, je le ferai.

Je tiens à remercier toutes les personnes qui à la lumière de ce complément d’information ont supprimé leurs commentaires et m’ont adressé des messages apaisés.

Bien à vous.
Béatrice 
 

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