Geneviève Almouzni devient directrice du Centre de Recherche de l’Institut Curie

Chercheuse à l’Institut Curie depuis près de 20 ans, Geneviève Almouzni devient la première femme directrice du Centre de Recherche depuis Irène Joliot-Curie, en 1946. Zoom sur cette chercheuse déjà plusieurs fois distinguée, notamment sur le plan international.

"J’ai besoin que les choses bougent beaucoup autour de moi, surtout intellectuellement, sinon je m’ennuie." En quelques mots, le décor est planté : Geneviève Almouzni est une femme d’action et de passion. C’est cette passion, ainsi qu’une énergie hors du commun, sans doute, qui l’ont menée à prendre des responsabilités croissantes à l’Institut Curie.

Elle y débarque un jour de 1994, en tant que responsable d’une équipe junior. Après être devenue directrice de l’unité de recherche Dynamique nucléaire et plasticité du génome, elle devient en 2010 directrice déléguée à l’enseignement. Ses galons, elle les a gagnés de haute lutte : pas toujours facile de s’imposer, en tant que jeune femme, à la tête d’une grosse unité de recherche. "J’ai peut-être ressenti ce malaise au tout début, mais plusieurs choses se superposaient, notamment l’âge, j’avais à peine 40 ans et une vision personnelle de mon rôle. Il y a eu des moments difficiles pour convaincre mon entourage, de perte de confiance, mais il fallait bien avancer, j’avais accepté des responsabilités, il fallait les assumer. Au fil des années, néanmoins, les gens voient que cela fonctionne et apprennent à vous faire confiance. Cela demande du temps et de la patience. Maintenant, ces difficultés sont moindres, la société ayant changé, les jeunes chefs d’équipe et plus particulièrement les femmes peuvent mieux se lancer."

Pluridisciplinarité, internationalisation

Mais la grande force de Geneviève Almouzni, c’est de n’avoir jamais abandonné son travail de chercheuse, centré sur l’épigénétique. Elle totalise quelque 150 publications, pour un travail plusieurs fois récompensé : médaille d’argent du CNRS en 2000, membre de quantité de comités scientifiques, prix 2013 Femmes de science décerné par les deux prestigieuses organisations européennes, l’Organisation européenne de biologie moléculaire (EMBO) et la Fédération des sociétés européennes de biochimie... La communauté scientifique n’a pas manqué de reconnaître l’aspect stratégique des travaux de la chercheuse.

Geneviève Almouzni succède à Daniel Louvard, qui était devenu directeur du Centre de Recherche en 1993. Elle s’inscrira dans la droite ligne du travail de son prédécesseur : pluridisciplinarité, soutien aux jeunes chercheurs et internationalisation. Un dernier volet qui lui tient à cœur, notamment parce qu’elle garde un souvenir très vif de ses "années américaines" dans le laboratoire d’Alan Wolffe, au NIH à Bethesda (Maryland, Etats-Unis) entre 1991 et 1993.

Crédit photo : Pedro Lombardi / Institut Curie
Interview : Valérie Devillaine