Crème solaire : lisez bien les étiquettes

Ecran total, filtres chimiques ou physiques, nanoparticules, labels BIO... Voici quelques conseils pour décrypter les composants des crèmes solaires.

Aucune crème solaire ne protège à 100 % des rayons du soleil. L'écran total n'existe pas !!! L’Union Européenne recommande d'ailleurs de retirer cette mention sur le packaging. Quant à l'indice FPS (facteur de protection solaire), il peut induire en erreur les consommateurs. Les professionnels de santé militent donc pour plus de lisibilité et préfèrent aux chiffres, les libellés très haute, haute, moyenne, faible protection.
En 2012, on a vu apparaître la mention FILTRE UVA. Aujourd'hui en 2013, elle est visible sur la quasi totalité des produits. Il faut savoir que les méthodes de protection vis à vis de ces filtres est variable d'un produit à l'autre et que leur valeur n'est pas avérée scientifiquement comme pour le FPS, faute d'essais standards.

Les filtres utilisés sont deux types :
> Chimiques : ils absorbent les UV
Ils sont soit d’origine végétale (mais insuffisants qualitativement), soit d'origine
synthétique.
Ces derniers absorbent sélectivement les UV, par exemple : le PABA pour les UVB.
Les dérivés de DIBENZOYL méthane sont très efficaces contre les UVA et UVB, tandis que les
oxybenzones aux mêmes propriétés sont réputés pour être plus allergènes.
> Physiques ou pigments minéraux : ils absorbent ou réfléchissent les UV
Ils sont non allergisants, ils ont une action UVA et UVB, leur efficacité est proportionnelle à leur concentration. Sur l’étiquette on peut lire : micropigments minéraux.
Comme composant on peut citer : dioxyde de titane, talc, mica, oxyde de zinc, oxyde de fer,
kaolin...
Depuis peu, il faut se méfier tout particulièrement du dioxyde de titane et de zinc sous forme de nanoparticules.

Pourquoi utilise-t-on des nanoparticules alors ?
Les pigments minéraux laissent des traces blanches sur la peau, difficiles à retirer au lavage et
esthétiquement mal perçues par le consommateur. La forme nanoparticule rend invisible ce filtre et il est donc plus vendeur. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire déclarait en 2010 : «les nanoparticules peuvent franchir compte-tenu de leur petite taille les barrières biologiques et leur comportement est imprévisible».
En pratique, l'Union Européenne a demandé aux fabricants de faire apparaître la mention de
nanoparticule sur les produits en 2013. Officiellement aucun laboratoire pharmaceutique ne
reconnaît avoir recours à l'utilisation de nanoparticules ou y avoir recours mais à dose
infinitésimale.
Il faut donc être prudent et il est souhaitable d’utiliser des filtres physiques laissant des traces blanches.

Qu'en est-il des produits labellisés BIO ?
La transparence de ces labels est trouble, comme les marques traditionnelles, ils utilisent des filtres physiques et/ou chimiques, des conservateurs et des parfums. Pour certains il n'y a de BIO que l’emballage.

Vous l'aurez compris se protéger du soleil est vital. Grâce à des gestes simples comme une tenue vestimentaire adéquate, une connaissance de son environnement naturel et un produit solaire adapté, vous profiterez des bienfaits de cet astre naturellement brillant.

Je vous souhaite à tous d'agréables vacances !

Pour aller plus loin, je vous recommande ces quatre articles :☼ Dosimetric investigation of the solar erythemal UV radiation protection provided by beards and moustaches. Revue Radiation Protection Dosimetry 2012 Jul;150(3):278-82. doi:10.1093/rpd/ncr418. Epub 2011 Nov 16. Parisi AV, Turnbull DJ, Downs N, Smith D. Source: Faculty of Sciences, University of Southern Queensland, Toowoomba, Australia.
Il montre que la pilosité faciale protège des ultraviolets agressifs, les études ont été faites sur des mannequins reconstitués recouverts de poils et des imberbes, et ils ont été exposés à de forte radiations.
Des nanoparticules dans les crèmes solaires : quels risques ?
☼ Ultraviolet radiation and skin aging: roles of reactive oxygen species, inflammation and protease activation, and strategies for prevention of inflammation-induced matrix degradation – a review
S. Pillai, C. Oresajo, J. Hayward paru dans International Journal of Cosmetic Science en février 2005
Prévention soleil, de l'INPES pour retrouver des explications simples et pratiques de prévention contre le soleil.