L'activité physique adaptée chez les personnes obèses, pour quoi faire ?

L’obésité est une pathologie multifactorielle qui résulte d’un déséquilibre de la balance énergétique. Les apports (nourritures, alcool) sont plus importants que les dépenses (activité physique). Lors de la prise en charge de l’obésité, il est nécessaire de réduire les apports, certes, mais également d’augmenter les dépenses.

La modification de la composition corporelle doit primer par rapport à la perte de poids. L’activité physique adaptée joue un rôle primordial pour atteindre les objectifs fixés. Elle permet d’améliorer sensiblement la qualité de vie des individus et sa pratique régulière et pérenne réduit inévitablement la survenue de comorbidités, comme l’arrivée du diabète de type II. Cependant elle doit être encadrée par des professionnels, connaissant la pathologie, les besoins et capacités des personnes concernées afin de pratiquer en tout sécurité.

Au cours des dernières années, l’obésité n’a cessé de croître pour atteindre des proportions épidémiques posant aujourd’hui un véritable problème de santé publique. En effet, de récentes études révèlent que la prévalence de l’obésité en France s’élève à 15% (Obepi, 2012).

L’obésité est une pathologie multifactorielle qui est le résultat d’interactions complexes entre les facteurs de prédispositions génétiques et l’environnement. En effet celui-ci peut être obésogène s’il ne favorise pas une pratique régulière d’activité physique et une alimentation équilibrée. L’obésité est une pathologie caractérisée par une accumulation anormale ou excessive de graisse exposant à un risque accru de mortalité et de morbidité. Elle favorise ainsi la survenue de nombreuses maladies et complications, les plus connues étant les maladies cardiovasculaires et respiratoires ainsi que le diabète. De plus l’obésité apparait comme un facteur de risque élevé qui agit sur le fonctionnement psychologique (une mauvaise estime de soi, des syndromes dépressifs, etc.), social (isolement) et ainsi sur la qualité de vie des sujets.

Un mode de vie sédentaire ainsi qu’une alimentation marquée par de nombreux excès sont des facteurs environnementaux modifiables. Des solutions pour combattre l'obésité peuvent donc être aisément envisageables. En effet, cette pathologie se caractérise par un déséquilibre de la balance énergétique, c'est-à-dire que les entrées, soit l’alimentation ou l’alcool, sont supérieures aux sorties, soit la dépense énergétique. Il est clairement établi que ces deux facteurs sont indissociables pour perdre du poids durablement. L’objectif d’une prise en charge est d’amener le sujet vers un changement de ses habitudes de vie en intégrant un rééquilibrage alimentaire c'est-à-dire une alimentation adaptée, équilibrée et non restrictive ET en pratiquant une Activité Physique Adaptée encadrée par des professionnels, en vue d'augmenter les dépenses (Dulloo 2013).

Des études récentes montrent qu’une perte de poids basée uniquement sur une alimentation restrictive (régime) est liée à une diminution de masse musculaire et non de masse grasse. Or un gain de masse musculaire permettra par la suite de brûler plus de graisses et ce même à l’état de repos augmentant ainsi le métabolisme basal. L’enjeu est donc de contrer cet effet en associant sur le long terme un rééquilibrage alimentaire et une activité physique adaptée encadrée par des professionnels.

Outre la réduction de la masse musculaire, d’un point de vue physiologique, les personnes souffrant d’obésité présentent une détérioration importante du métabolisme des lipides. Or pour créer de l’énergie, l’organisme utilise différents substrats : les lipides (graisses) et les glucides (sucres). Chez cette population, l’organisme utilise préférentiellement les glucides à défaut des lipides qui sont stockés dans tous les tissus corporels. De plus une sur concentration des lipides dans le pancréas entraine une insulino résistance et favorise l’apparition du diabète de type II. Dans la lutte contre l’obésité il apparait donc essentiel de restaurer l’oxydation des lipides. A cette fin, l’activité physique adaptée à faible intensité est un outil indispensable (Brun). Avec la pratique et l’entrainement, le seuil d’intensité pour lequel le profil lipidique est utilisé à son maximum progresse et de ce fait l’oxydation des lipides augmente. Ce seuil s’appelle le Lipoxmax (Brooks et Mercier 1994).

Ainsi une pratique pérenne, régulière et à long terme d’activités physiques adaptées permet d’améliorer sensiblement l’état de santé de la personne obèse en réduisant les risques cardiovasculaires et en retardant considérablement l’arrivée du diabète de type II. En effet  Diabetes Prevention Program (2002) a montré qu’un style de vie actif pendant 4 ans sur des personnes souffrant d’obésité, permet de réduire de 20% le nombre d’obèse devenant diabétique.

Cependant, il est impératif que l’activité physique adaptée soit encadrée par des professionnels issus de la filière universitaire STAPS APAS (Sciences Techniques des Activités Physiques et Sportives, option Activité Physique Adaptée et Santé). Toutes les activités ne permettent pas les mêmes résultats, les mêmes dépenses énergétiques. Les modalités de pratique peuvent être diverses (intensité, fréquence, durée). L’intégrité du patient ainsi que sa sécurité ne doivent pas être altérées. Des connaissances approfondies doivent être développées en fonction des besoins, des capacités et des projets des patients afin d’adapter au mieux l’activité physique. 


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Auteurs : Céline Mary, Julien Planez et Marion Pollatz, étudiants en master 2 Réhabilitation par les Activités physiques adaptées - Université de Montpellier1