Ne choisissez pas votre régime à la légère !

Le printemps est souvent une période propice à la perte de poids. Une fois les manteaux posés, beaucoup de femmes ont envie d’affiner leur silhouette. Les propositions pour atteindre ce but ne manquent pas et les régimes rivalisent d’arguments plus ou moins sérieux. Il faut reconnaitre qu’il est difficile pour une femme de faire le tri dans cette jungle de promesses. Je vous livre ici quelques arguments qui vous permettront d’y voir plus clair et de faire le bon choix.

Avant de se lancer, il est bon de faire le point exact sur ce que l’on souhaite : la perte de poids est-elle vraiment nécessaire ? S’agit-il de quelques kilos pris dans l’hiver ou d’une surcharge pondérale ancienne que l’on tente de traiter encore une fois ? etc. En effet, selon le contexte la prise en charge doit être différente. Il est donc inutile de vous lancer sur le régime de votre bonne amie qui a obtenu une perte de poids rapide et facile selon ses dires.

Méfiez-vous si le programme propose d’exclure un ou plusieurs groupes d’aliments car le risque de carences est certain et la fatigue sera au rendez-vous. Vous aurez du mal à tenir et le sentiment de frustration risque de vous mener vers l’échec. La stabilisation quant à elle, posera aussi un problème. Le régime hyperprotéiné que l’on propose très régulièrement et qui offre des résultats fulgurants, doit être manipulé avec précaution, il ne doit jamais être suivi sur une longue durée et peut entrainer des problèmes de santé. On observe avec ces programmes des frustrations importantes et des difficultés à garder une vie sociale satisfaisante qui peuvent mener à l’abandon du programme. Il est bon de noter que le risque de reprise de poids est important. Si vous êtes tentée par des repas en sachets, là aussi, la restriction et la frustration sont au rendez-vous même si dans l’euphorie des premiers kilos perdus vous ne souhaitez pas vous l’avouer. Le risque important d’effet rebond avec la reprise d’une alimentation « normale » reste également un facteur à prendre en compte.

De manière générale, je rappelle que le rapport de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) de novembre 2010 souligne que les régimes restrictifs entraînent une reprise de poids chez 80% des sujets après un an et augmente avec le temps. Le phénomène yoyo reste une des conséquences les plus fréquemment observées. En effet, en suivant un programme alimentaire inapproprié et en subissant une perte de poids rapide, on diminue son métabolisme de base (c'est-à-dire le nombre de calories que l’on brûle au repos) et la reprise de poids se fait alors plus facilement. Sans compter que les écarts sont moins bien tolérés par l’organisme. On comprend donc que les régimes restrictifs posent de gros problèmes : ils coupent de la vie sociale, démoralisent et diminuent l’estime de soi en favorisant les échecs successifs. Ils sont à l’origine d’une augmentation du poids à moyen et long terme et peuvent engendrer des problèmes de santé dont certains sont très graves (atteintes hépatiques, rénales, cardio-vasculaires, osseuses…). Je conclurai cette mise en garde avec une phrase du rapport de l’ANSES : « Le public doit donc être averti des conséquences néfastes à court, moyen ou long terme de ces régimes, d'autant plus qu’ils sont déséquilibrés, associés à des troubles sévères du comportement alimentaire, et peuvent conduire à terme à un possible gain de poids irréversible ».

Il est donc important de se tourner vers une alimentation en adéquation avec vos besoins et qui limite au maximum les frustrations. La perte de poids doit se faire sans que vous soyez isolée du monde qui vous entoure (inutile de préparer vos repas à part, ni de refuser une sortie !). Rappelez-vous que votre programme ne doit exclure aucun groupe d’aliments, ni générer de fatigue. Bien entendu, dans l’idéal, la rééducation alimentaire en fonction des besoins et des contraintes propres à chacun reste la solution la plus sérieuse avec des résultats durables. Toutefois, cela implique d’établir avec son thérapeute une relation de confiance qui vous permettra de modifier en profondeur et de manière solide votre alimentation en tenant compte de tous les facteurs qui vous concernent. Si vous ne vous sentez pas prête à franchir ce pas, mangez équilibré, restez raisonnable sur les quantités mais ne vous affamez pas. Ainsi, vous protégerez ce qu’il y a de plus important : votre santé !