Cancers digestifs : une incidence en augmentation

A l’occasion de Mars bleu, mois de sensibilisation contre le cancer colorectal, l’Institut Curie dresse un état des lieux des cancers digestifs en France et présente sa stratégie de développement de la cancérologie digestive.

Le nombre de cancers digestifs détectés en France augmente. Au premier rang, le cancer colorectal, avec 40 500 nouveaux cas estimés en 2011, dont 53% chez les hommes. Il est au 3e rang des cancers les plus fréquents après les cancers de la prostate et du sein. C’est le 2e en termes de mortalité après le cancer du poumon, il survient le plus souvent chez des patients ayant passé la cinquantaine. 

Le cancer du côlon-rectum évolue le plus souvent sans symptômes. C’est pourquoi il est généralement découvert tardivement, d’où des soins plus lourds et moins efficaces. Pour contrer ce phénomène, les autorités sanitaires ont depuis 2009 mis en place un dépistage organisé sur tout le territoire français pour les personnes de plus de 50 ans. La procédure est simple : les personnes concernées envoient un échantillon de selles, qui sera analysé, à la recherche d’éventuelles traces de sang. Si un risque de cancer colorectal est suspecté, le patient subira des examens plus complets afin de poser un diagnostic. Dépisté tôt, le cancer colorectal se soigne plus facilement et les traitements sont moins lourds. Des campagnes de communications telles que Mars bleu permettent d’insister sur l’intérêt de ce dépistage et de lever les tabous qui persistent autour de cette procédure toute simple.
S’il est aujourd’hui le plus médiatisé, le cancer colorectal est hélas loin d’être le seul cancer digestif.
  • Le cancer du pancréas survient le plus souvent en 70 et 80 ans. Plusieurs facteurs de risque tels que le tabagisme, une consommation élevée d’alcool ou encore l’obésité sont aujourd’hui identifiés.
  • Les tumeurs du foie concernent essentiellement les hommes (80% des cas) et surviennent le plus souvent au cours de l’évolution d’une maladie chronique (cirrhose, hépatite B ou C).
  • Le cancer de l’estomac a vu son incidence divisée par deux en France sur les 30 dernières années, mais il reste de mauvais pronostic.
  • Le cancer du canal anal est lié dans 80% à 85% des cas comme induit par le papillomavirus humain (HPV), le même virus responsable par ailleurs de la plupart des cas de cancers du col de l’utérus. Le VIH augmente également l’incidence de cette pathologie. Le cancer du canal anal concerne essentiellement les personnes de plus de 65 ans (deux-tiers des patients), avec une nette prédominance féminine.
  • Les tumeurs neuroendocrines constituent environ 1% des cancers digestifs, leur incidence augmente régulièrement depuis les années 1980.
Prévention et dépistage précoce, des maître-mots
Comme pour le cancer colorectal, la plupart des cancers digestifs se soignent mieux et avec un arsenal thérapeutique moins lourd s’ils sont détectés tôt. C’est pourquoi l’Institut Curie a mis en place depuis septembre 2012 des consultations spécialisées, ouvertes à tous.
  • La prévention y occupe une place de choix : conseils nutritionnels, important de l’activité physique font partie des points abordés.
  • Certains patients sont adressés à l’Institut Curie dans le cadre du dépistage national pour le cancer colorectal ou parce qu’ils ont déjà été atteints par un cancer dans une autre localisation ou encore parce qu’ils sont porteurs d’une prédisposition génétique. Pour chacun, l’examen le plus approprié est proposé.
"Ces consultations constituent une véritable porte d’entrée vers une prise en charge précoce et globale, gage d’un meilleur pronostic, précise le Pr Emmanuel Mitry, directeur médical thématique "Digestif, urologie, gynécologie".  Elles permettent un accès rapide au diagnostic […] et, si nécessaire, à des consultations d’oncogénétique."

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Crédit photo : Christophe Hargoues / Institut Curie