Régimes amaigrissants : Arrêtez les échecs !

En France, plus d’une personne sur trois est en surpoids. Beaucoup d’entre-elles vont se lancer dans un programme minceur sans en mesurer les conséquences ni en évaluer l’efficacité. Or, vouloir perdre du poids n’est pas un acte anodin. Les différents régimes commerciaux qui se succèdent au fil des modes ont tendance à banaliser cette démarche. Attirées par le côté un peu « magique » de la solution minceur proposée, beaucoup de femmes se laissent séduire par ces régimes. Pourtant sans un cadre sérieux, l’amincissement est souvent voué à l’échec, pire, il peut être à l’origine d’apparition de troubles plus ou moins graves (hépatiques, osseux, rénaux…). Nous allons voir pourquoi après un régime restrictif, la reprise de poids est quasi-inévitable et quelles mesures doivent être mises en p

Il faut reconnaître qu’il est bien difficile pour une femme dont l’image renvoyée par le miroir ne correspond pas à ses attentes de ne pas céder aux chants des sirènes des programmes amaigrissants. Ils fleurissent chaque année, toujours plus inventifs les uns que les autres en promettant une perte de poids rapide et sans difficultés. En réalité, ils vont bien réussir à les faire maigrir dans la plus grande majorité des cas. En effet, pour perdre du poids, il suffit de s’infliger une restriction calorique sous quelque forme que se soit (d’où l’imagination de ces programmes pour proposer différents aliments à éliminer ou les heures pour les consommer ou encore les associations à faire ou pas…). Mais le problème n’est pas situé au moment de la perte de poids, il se pose plutôt en terme de stabilisation du poids perdu. Or, en 2010, l’ANSES a démontré dans son rapport que 80% des personnes qui ont suivi un régime restrictif ont repris du poids au bout d’un an et ce pourcentage augmente les années suivantes. Il est donc bien établi que si les régimes réussissent à faire perdre du poids, ils sont souvent à l’origine d’une reprise de poids plus ou moins importante.

En consultation,  j’entends très fréquemment les femmes me faire part de leurs nombreuses expériences en terme de programme minceur. Pour certaines, elles ont passé leur vie au régime sous la dictature des calories, pour finalement constater qu'elles n’ont jamais gagné le combat. Souvent cela débute par quelques kilos un peu gênants d’un point de vue esthétique. Pour s’en débarrasser, elles mettent en place un régime trop draconien. Affamées, frustrées, elles tentent de tenir autant que possible, poussées par l’euphorie de la perte des premiers kilos. Là, va se produire deux cas de figure : soit la volonté sera suffisante pour mener les efforts jusqu’au bout et le poids désiré sera atteint, soit elles craqueront en chemin et le programme échouera avant son terme. Dans les deux cas, le problème reste le même. Il est impossible de conserver ce mode alimentaire sur une longue durée, voire à vie. L’organisme n’aime pas cette privation et les pousse au faux pas. En reprenant leurs anciennes habitudes alimentaires sur un métabolisme de base diminué, elles stockeront plus facilement qu’avant, le poids remontera et la masse graisseuse deviendra de plus en plus difficile à déloger. A cela va s’ajouter la détresse psychologique et la sensation de ne pas être à la hauteur d’une entreprise que l’on vante pourtant comme facile. Cette dévaluation personnelle accentue l’envie de manger. On comprend alors aisément que suivre un régime standard ne convient pas au plus grand nombre. Il faut donc que chaque personne retrouve des habitudes alimentaires cohérentes en fonction de ses besoins et tienne compte de ses propres impératifs de vie. Ainsi, rééduquée, elle mettra en place des réflexes qu’elle conservera naturellement par la suite favorisant le maintien de la perte de poids.

En conclusion,  même si les raisons de la prise de poids sont souvent pluri-factorielles on retrouve au cœur du problème une alimentation inadaptée (et pas forcément trop abondante !). Mettre en place un régime standard à visée amaigrissante ne solutionne pas durablement le problème et ne modifie pas les mauvaises habitudes à l’origine de la prise de poids. Dans ce contexte, il faut observer un retour à une alimentation adaptée à ses propres besoins et suffisante pour ne pas générer de fatigue. La perte de poids ainsi bien menée ne doit pas excéder 4 kg par mois.

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