J’apprends à dire non

Beaucoup de personnes ont beaucoup de mal à oser dire non. C’est pourtant indispensable, y compris pour mieux dire oui quand nous le souhaitons.

Vous ne dites pas non parce que vous faites passer systématiquement les autres avant vous. Vous ne dites pas non parce que vous n’êtes pas à l’écoute de vos propres besoins. Vous ne dites pas non parce que vous avez peur d’être impoli(e), ou de déplaire ou de vexer. Vous ne dites pas non parce que vous avez peur de ne plus être estimé(e) ou de ne plus être aimé(e).                     

L’un des grands inconvénients de ne pas savoir dire non, c’est que cela vous empêche de dire oui véritablement.

Ne pas oser dire non vous entraîne à vous laisser "mener par le bout du nez" en fonction des circonstances et des desiderata des uns et des autres. Au lieu de dire un vrai oui, vous exprimez un vague borborygme de bande dessinée : "hum", "ben", "bof", "ouais". Ou vous acquiescez en "traînant des pieds", "pas moyen d’y échapper", "pourquoi pas", "si tu veux", "puisque tu y tiens". Tout cela n’est guère enthousiasmant… Vous allez ressentir de la tristesse, de la frustration, de la colère. Vous n’allez pas tarder à vous sentir victime et à en vouloir aux autres.

Oser dire non peut se faire en douceur, en veillant à ne pas choquer, blesser ou vexer. Ce n’est pas moi qui vais vous conseiller de mentir "à tout bout de champ" mais on utilisait autrefois une expression devenue un peu désuète aujourd’hui : les "pieux mensonges". Vous n’avez pas envie de vous rendre à une invitation pour des raisons qui vous sont propres. Vous pouvez remercier et décliner poliment, en inventant une excuse qui ménage la susceptibilité des personnes concernées. Vous respecterez ainsi vos amis et vous vous respecterez.

Avant de dire non, avant de dire oui, prenez le temps de vous centrer, de réfléchir, de ressentir, d’écouter votre intuition. Pour changer votre vie, osez faire vos propres choix, librement. Ce n’est pas de l’égoïsme. Vous ne pouvez pas prétendre aimer les autres si vous ne vous aimez pas vous-même. Tout ce vous faites à contrecœur est toxique.

Si vous devez réaliser une corvée indispensable, décidez de la faire paisiblement et joyeusement, le plus rapidement possible. Ne la laissez pas traîner et vous envahir. Elle en sera d’autant plus légère.

Ne vous laissez pas manipuler par vos faux oui. Si votre mari ou votre femme souhaite voir un film qui ne vous attire pas mais que vous voulez lui faire plaisir, accompagnez-le de "gaîté de cœur". Autre solution, vous pouvez aussi voir chacun le film que vous préférez dans un complexe multisalles et vous retrouver ensuite. Vous aurez deux histoires à partager au lieu d’une…