Comment conserver une sexualité malgré les douleurs ?

Après plusieurs mois ou années de combat contre les douleurs sexuelles, il est fréquent que la sexualité devienne médicalisée et/ou rejetée. Il est pourtant possible, et bénéfique, de conserver une certaine sexualité épanouie. Cette chronique tente d’en expliquer les raisons et présente différentes pistes pour y parvenir.

Même si le vaginisme se soigne, il est possible que le parcours de soin soit relativement long. En plus de s’armer de patience, il est nécessaire que la femme souffrant de douleurs sexuelles évite deux écueils fréquents.

Le premier risque est celui de se couper de toute sexualité, celle-ci lui étant douloureuse. Le sexe fait mal et devient non désirable, les câlins se font plus espacés et la libido moins présente : comment avoir envie de faire quelque chose qui fait mal ? La sexualité devient synonyme de souffrance, de problème et par conséquent, la femme s’en éloigne progressivement (d’autant plus si le partenaire n’exprime pas ses envies).

Enchainant thérapie sur thérapie, exercice sur exercice, il est également fréquent que le sexe devienne médicalisé. L’anatomie est étudiée et la sexualité analysée sous tous les angles. Elle devient l’objet de discours médicaux ou de discussions en cabinet en oubliant d’être vécue.

Pourquoi conserver une sexualité malgré les douleurs ?

Il est très important lorsqu’on souffre de douleurs sexuelles de continuer à avoir une sexualité non douloureuse, source de plaisir.

Le premier pas pour guérir est certainement d’avoir envie de guérir. Les raisons de cette envie peuvent être diverses : pour être "normale", pour rencontrer quelqu’un, pour pouvoir arrêter de se battre, pour faire un enfant, pour cesser d’être mal à l’aise face aux discussions et images liées à la sexualité…

Toutes ces raisons sont bien légitimes mais peut-être pas suffisantes. Avoir envie de guérir car on a envie de faire l’amour profondément, car on sent en soi l’envie d’accueillir le corps de l’autre et de ne faire qu’un avec lui semblent être des raisons sine qua non.    

Or, cette envie profonde d’être pénétrée ne peut être que renforcée au sein d’une sexualité épanouie.

En couple, conserver une sexualité heureuse permet également de continuer à rencontrer intimement son partenaire, de ne pas devenir de simples colocataires liés par un sentiment amoureux. Cela donne aussi le moyen d’évacuer les sentiments négatifs tels que l’injustice, la colère, la frustration.

Célibataire, maintenir une certaine sexualité ou sexualisation (notamment via la masturbation) permet aussi de rester en contact avec son corps.

Comment conserver une sexualité malgré les douleurs ?

La sexualité est un domaine inépuisable et il existe d’innombrables expériences à réaliser.

Tout d’abord, pour maintenir une sexualité épanouie, il semble évident d’éviter ce qui est douloureux ou désagréable. Cela ne veut pas dire faire une croix sur la pénétration mais s’adapter à la situation pour construire une sexualité heureuse, parallèlement aux démarches effectuées pour viser une guérison prochaine.   

Selon l’imagination, les désirs de l’un et l’autre, cette sexualité « autre » peut revêtir de multiples formes. Il s’agit en tout cas d’une sexualité qui laisse une grande place à la découverte des corps, l’exploration des émotions et surtout la communication entre les partenaires.

Ici, ceux que l’on appelle généralement "préliminaires" sont primordiaux : les caresses, massages et autres expériences peuvent être utilisés à volonté ! Cependant, sans imagination, ils risquent de devenir répétitifs et insuffisants.

L’essentiel est en réalité de placer une petite dose d’érotisme le plus souvent possible. Ceci peut se faire à tout moment, dans n’importe quel endroit et de bien des manières : une phrase suggestive, un regard coquin, une musique avec une certaine signification pour le couple, une danse, un moment complice autour d’une activité quelconque (cuisine, peinture,…), etc.

Bien sûr, il est également possible de tenter des choses de manière moins spontanée (une expérience dans un lieu insolite, une nouvelle lingerie, un soin du corps…) ou en ayant recours à certains supports (livres ou films érotiques, jeux, accessoires coquins…).

Quoi qu’il en soit, il est nécessaire d’expérimenter afin de découvrir les éléments qui peuvent érotiser la relation. Ceci est également l’occasion d’apprendre à mieux se connaître (soi-même et son partenaire) : quelle zone de mon corps est sensible ? de quelle manière ? à quel moment ? qu’est-ce que j’aime ou n’aime pas ? y a-t-il des situations qui m’émoustillent, des odeurs qui me plaisent ? Les réponses du partenaire peuvent être surprenantes et sources de nouvelles expériences… Pour mieux se connaître soi-même, il peut aussi être intéressant de (re)découvrir la masturbation.

Parfois, le recours à un sexologue ou thérapeute de couple est nécessaire afin de restaurer une sexualité au sein du couple : aucune piste n’est à exclure lorsqu’il s’agit de préserver une sexualité épanouie.

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Pour en savoir plus sur le développement d'une sexualité "parallèle" : Faire l'amour

Pour en savoir plus sur la libido, les sex-toys et divers jeux sexuels : Libido, sex-toys et jeux sexuels

A venir : Que faire face aux douleurs sexuelles de sa compagne ?

 

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