Comment limiter la prise de poids à la ménopause ?

La péri-ménopause et la ménopause entraînent des changements dans la vie d’une femme. On sait que les désagréments liés à la chute des hormones sont nombreux et plus ou moins prononcés selon les cas. On voit apparaître entre autres des symptômes incommodants comme des bouffées de chaleur, une sécheresse vaginale et cutanée, des changements d’humeur, des insomnies… mais aussi une prise de poids.

Les modifications de la silhouette avec une prise de poids essentiellement sur le haut du corps et notamment sur le ventre, amènent bien souvent les femmes à consulter pour une prise en charge diététique adaptée. Il est bon de préciser que la masse adipeuse localisée dans cette zone prédispose au syndrome métabolique, au diabète et aux maladies cardiovasculaires.

La prise de poids à la ménopause ne doit pas être imputée uniquement aux bouleversements hormonaux. Diverses études ont mis en évidence une augmentation lente mais régulière du poids tout au long de la vie. A la ménopause, la diminution du métabolisme de base accélère le processus. On constate aussi qu’à partir de la cinquantaine, certaines personnes diminuent leur activité physique, ceci a pour effet d’aggraver encore l’augmentation pondérale.

Les risques cardiovasculaires

Les kilos de la ménopause ne doivent pas être traités comme les autres. Il y a des facteurs à prendre en compte et l’alimentation doit rester suffisante en calcium et limiter les perturbations au niveau des lipides sanguins. En effet, les femmes ménopausées sont exposées à une décalcification entrainant une diminution de la densité osseuse, le risque de fracture est à terme majoré. De plus, les hormones ne la protègent plus des risques cardiovasculaires, il est donc particulièrement recommandé de retrouver une hygiène alimentaire plus protectrice à ce niveau.

Mais ce n’est pas tout ! Avec l’âge, la masse musculaire tend à diminuer alors que la masse grasse, elle, augmente. Le but de la prise en charge consiste à protéger la masse musculaire. Pour cela l’alimentation devra apporter suffisamment de protéines et la perte de poids ne devra pas être trop rapide. Si le poids est perdu vite, la masse maigre sera automatiquement diminuée et les kilos reviendront en force… plus résistants encore ! Donc pour protéger la masse musculaire, n’entamez pas de régimes restrictifs, mangez suffisamment de protéines et essayez de conserver le plus possible une activité physique (qui en plus présente l’avantage de préserver aussi votre capital osseux et de prévenir les maladies cardiovasculaires).

Enfin, des études ont mis en évidence le rôle protecteur des polyphénols sur la masse osseuse. Les vitamines C, E, provitamine A ainsi que les tannins et les anthocyanes participent à la protection de nombreuses dégénérescences et cancers. Vous trouverez tous ces éléments dans le thé vert, le vin (à consommer avec modération), les fruits, les légumes frais et les huiles végétales.

Et les phyto-oestrogènes ?

Les oestrogènes contenus dans certains aliments tels que le soja sont souvent au centre de nombreuses polémiques. Tout cela est normal puisqu’en l’état actuel des connaissances les avis divergent. Certains y trouvent un bénéfice évident sur la santé et le bien-être de la femme ménopausée alors que d’autres assurent que les avantages à en tirer sont négligeables, et pire, que le risque de cancer du sein est majoré. En réalité, aucune étude aujourd’hui ne permet de tirer des conclusions suffisantes pour confirmer l’une ou l’autre des positions et l’Anses (ex-Afssa) recommande donc  de limiter la consommation des phyto-œstrogènes à titre de précaution. Il est vrai que les femmes d’Asie présentent moins de symptômes que les autres mais leur environnement, leur alimentation dans son ensemble (notamment la présence plus importante d’oméga 3), la génétique, les placent dans un contexte différent qui empêche toute comparaison avec le reste du monde.

En conclusion, plus que jamais, il est temps pour les femmes à la ménopause de se préoccuper de leur alimentation mais aussi de manière générale de leur hygiène de vie. Loin de croire aux régimes miracles, elles prendront soin de retrouver une alimentation équilibrée, saine et variée tout en tenant compte des besoins spécifiques liés à leur âge. Ces conditions mises en place, elles assureront une meilleure santé, longévité et une ligne de jeune fille !

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