Comment guérir du vaginisme ?

Comme la plupart des femmes souffrant de vaginisme, vous avez probablement l’impression d’être un cas isolé, plus difficile à traiter que les autres. Rassurez-vous, cette pensée est fréquente et pourtant, il n’existe aucun cas désespéré : le vaginisme se soigne ! Cette chronique vous présente plusieurs manières de procéder.

Oui, le vaginisme se soigne, mais pas en un coup de bistouri ou une pilule magique. Disons-le d’emblée : il n’existe aucune solution miracle, mais une panoplie de pistes à explorer et c’est à chacune –en fonction de son expérience, de son rythme, de sa personnalité– de trouver celles qui la feront progresser. Voici un aperçu des différentes possibilités.

Être actrice de sa guérison

Tout d’abord, la femme souffrant de vaginisme doit prendre conscience que la guérison ne peut venir que d’elle. Même si elle peut trouver du soutien auprès de son entourage et de son partenaire, même si des professionnels sont présents pour l’accompagner, aucune de ces personnes n’est à même de la guérir. Ils la feront cheminer, réfléchir, progresser afin qu’un déclic s’opère en elle, par elle.

Faire des exercices à domicile

De nombreux exercices peuvent être réalisés à domicile : ceux-ci sont progressifs et ne doivent jamais être douloureux (sous peine de renforcer le cercle vicieux "sexe=douleur"). Ces exercices sont à réaliser en plusieurs étapes. D’abord, puisque l’ignorance et l’inconnu sont sources de peur, il s’agit d’apprendre à connaître son corps : regarder des schémas et confronter ceux-ci avec l’observation de sa propre anatomie. Il convient ensuite d’identifier les muscles pelviens et leur contraction afin de pouvoir mieux maîtriser celle-ci (notamment via des exercices de contraction-décontraction). Troisième étape : habituer son corps à la pénétration, toujours dans la douceur et le respect de soi-même. Il est possible d’utiliser son doigt mais également divers objets comme les sex-toys ou les dilatateurs (des tubes en plastique de diamètre progressif). Le partenaire éventuel peut également participer à ces exercices par des encouragements, en insérant lui-même délicatement des dilatateurs, etc. Au terme de ces trois premières étapes, il est possible de tenter de faire l’amour avec son partenaire, sans se décourager si les premières tentatives ne sont pas concluantes.

Tout au long de ce cheminement, il est nécessaire de conserver une vie sexuelle "à côté" afin que la sexualité ne devienne pas médicalisée, mécanisée. Cela permet également de maintenir une libido puisqu’avant même de pouvoir faire l’amour, il faut le désirer.

Se faire accompagner par des professionnels

Il peut être intéressant de compléter ces exercices par l’accompagnement d’un professionnel.

Par exemple, les exercices réalisés à domicile peuvent être poursuivis dans le cadre d’une rééducation périnéale. Cette thérapie, prise en charge par un kinésithérapeute spécialisé ou une sage-femme, consiste à détendre les muscles pelviens via plusieurs méthodes (massages manuels, biofeedback avec insertion d’une sonde, électrostimulation).

Parallèlement, une thérapie plus psychologique peut également être entamée. Une sexothérapie permet entre autre de mieux connaître et aimer son corps, de (re)trouver une vision positive de la sexualité ou de discuter des exercices réalisés chez soi. Dans le cadre d’une psychothérapie, l’approche du vaginisme est plus globale. La personne peut y exprimer ses craintes, travailler sur des blocages personnels (dans lesquels s’ancre peut-être le vaginisme), tenter de comprendre les sources du problème, etc.

De nombreuses autres thérapies sont envisageables et peuvent apporter des bénéfices : l’ostéopathie, la kinésiologie, l’acupuncture, l’homéopathie, la sophrologie, l’hypnose,  etc.

Les exemples sont trop nombreux pour pouvoir être tous cités. L’essentiel est de se renseigner, d’essayer ce qui semble convenir sur le moment, tout en gardant en tête qu’il faut chercher en ces professionnels un accompagnement pour progresser et non la guérison proprement dite (sous peine d’être déçue et de multiplier inutilement les thérapies). Sachez qu’une approche pluridisciplinaire simultanée donne en général de meilleurs résultats que plusieurs traitements successifs : il semble par exemple pertinent d’associer une thérapie corporelle et une autre plus psychologique afin de travailler en même temps sur le corps et l’esprit.

Une association pour se sentir épaulée

Pour vous aider dans ces différentes démarches, l’association Les Clés de Vénus a mis en place de nombreuses actions.

En ce qui concerne les exercices à domicile, les adhérents ont la possibilité de recevoir les explications sous forme de fiches au format PDF. Une aide financière est également accordée lors de l’achat d’un kit de dilatateurs.

Si vous voulez consulter un professionnel, sachez que notre association tient à jour une liste de professionnels qui lui sont recommandés par des femmes souffrant de douleurs sexuelles. Sur simple demande (lesclesdevenus@gmail.com), nous vous enverrons la liste des professionnels recensés pour votre département. L’association publie également deux fois par an un bulletin d’informations reprenant entre autre des témoignages et des interviews de professionnels. Ponctuellement, elle organise aussi sur son forum des sessions de questions/réponses entre les adhérents et un professionnel de la santé.

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Pour en savoir plus sur les exercices proposés : Les exercices face au vaginisme

Pour en savoir plus sur les thérapies : Les thérapies face au vaginisme

A venir : Comment conserver une vie sexuelle malgré les douleurs ?

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