Faire manger du poisson à ses enfants

Plébiscité par les enfants dans sa version panée, le poisson a des atouts nutritionnels incontestables. Il est important de leur donner l’habitude d’en consommer dès leur plus jeune âge. Nous allons voir quelle place lui donner pour profiter au mieux de ses bienfaits, comment le proposer et enfin, nous ferons un point sur les risques toxicologiques concernant sa consommation chez l’enfant.

Qu’apportent-ils ?

Les poissons sont riches en protéines de bonne qualité, par conséquent, ils viennent remplacer la viande ou les œufs tout aussi avantageusement.

Les atouts nutritionnels du poisson résident essentiellement dans sa composition lipidique (graisses). C’est un aliment  particulièrement riche acides gras poly-insaturés (AGPI), notamment EPA et DHA (voir ma chronique sur les oméga 3 ). Il faut savoir que les concentrations les plus importantes se trouvent dans les poissons gras.

Les poissons les plus gras sont aussi les plus riches en vitamines A, D, E.

Pour les autres vitamines, on les trouvera en diverses concentrations dans toutes les espèces. On y trouve les vitamines B3, B12 et B6

Quant aux  oligo-éléments, on va retrouver  du potassium, du phosphore, du sélénium, de l’iode, du fer et du zinc.

Sauvages ou d’élevages ?

Il est démontré que les poissons d’élevage ont une teneur en acide gras modifiée en fonction de l’alimentation même du poisson. Toutefois, nourri avec de l’huile de poisson, notamment sur les derniers mois avant sa commercialisation, il voit ses teneurs en EPA et DHA être tout aussi acceptables que celle du poisson sauvage, d’autant plus que la présence de vitamine E en complément protège de l’oxydation. Le poisson sauvage quant à lui peut être une source de contamination que je développerai plus bas.

On leur en propose à quelle fréquence ?

Le PNNS (Programme National Nutrition Santé) recommande une consommation de poissons deux fois par semaine. Il est conseillé d’y inclure une portion de poisson gras.

Poisson et risque toxicologique

Même si la consommation de poisson est fortement recommandée, il faut toutefois observer quelques précautions, particulièrement au niveau des toxiques qu’ils peuvent véhiculer. En effet, selon les lieux de pêche ou l’espèce, on peut retrouver des concentrations en métaux lourds comme le mercure ou des teneurs PCB pouvant poser des problèmes de santé.

Aussi, l’Afssa recommande d’éviter la consommation d’espadon, de marlin et de siki et de ne pas consommer plus d’une portion de poissons prédateurs sauvages par semaine (soit 60 g pour les moins de 3 ans). A cela, il est recommandé de limiter à une portion tous les 2 mois (toujours pour les moins de 3 ans) les poissons les plus accumulateurs de PCB, soit l’anguille, la carpe, silure…

Je recommande donc de varier les espèces et les lieux d’approvisionnement.

Pour vous aider dans ces préconisations vous trouverez deux liens utiles :

- Des recommandations spécifiques pour les plus sensibles à d'éventuelles contaminations.

- Liste des poissons prédateurs sauvages (se reporter à la page 13).

Comment le leur cuisiner ?

Toutes les mamans savent qu’elles remportent un franc succès lorsqu'elles proposent du poisson pané au repas. Ce n’est pourtant pas la seule forme susceptible de séduire les tout-petits dans la découverte de cet aliment. Le poisson émietté et mélangé à une sauce Mornay (béchamel+fromage râpé) est particulièrement apprécié à condition de le faire gratiner au four dans un petit plat individuel de forme sympa. Le Parmentier de poisson avec des pommes de terre fraîches ou en flocons est aussi un succès à coup sûr !

Sources : bulletin épidémiologique n°36 mars 2010 AFSSA . Avis de l’Afssa n° 2002-SA-0014, n° 2003-SA-0380, 2006-SA-0003 et n° 2008-SA-0309

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