Vaginisme : quel impact sur la vie des femmes ?

Même s'il s'agit d'un trouble de nature sexuelle, l'impact du vaginisme sur la vie des femmes qui en souffrent dépasse largement la simple sphère de la sexualité. Cette chronique présente les répercussions de ce trouble sur les divers aspects de la vie quotidienne.

Le vaginisme se manifeste par une contraction involontaire des muscles pelvi-périnéaux entourant le vagin, ce qui rend la pénétration vaginale impossible et/ou douloureuse. En dehors des rapports sexuels, on pourrait donc penser que tout va pour le mieux, que le vaginisme se fait oublier. Or, pour les femmes qui en souffrent, le vaginisme est présent d’une manière ou d’une autre dans bien des aspects du quotidien. Le vaginisme comporte un impact sur l’image que la femme a d’elle-même, sur son moral, et sur sa vie de couple. De manière moins évidente, le vaginisme s’immisce également dans sa vie familiale, professionnelle, sociale.

Le vaginisme et l’estime de soi

Parce qu'elles ne peuvent pas faire l'amour comme elles le souhaitent, il est fréquent que les femmes vaginiques se sentent "anormales", diminuées et/ou inférieures aux autres. Par conséquent, elles éprouvent souvent des difficultés à prendre soin d’elles en tant que femmes et à s’approprier tout ce qui est symbole de féminité.

Ces sentiments peuvent être à l'origine de troubles dépressifs ou anxieux et d'une perte de confiance en soi (qui se manifeste non seulement dans l'intimité mais aussi dans tous les aspects de la vie quotidienne).

Le vaginisme et la vie amoureuse

Chez les femmes vaginiques célibataires, on remarque fréquemment un certain évitement de la rencontre amoureuse, celles-ci estimant à tort qu'aucun homme ne voudrait d'une femme qu'il ne peut pénétrer.

Lorsqu'elles sont en couple, elles se sentent souvent coupables de la frustration de leur partenaire et ont alors peur d'être quittée pour une autre femme. Elles peuvent aussi se sentir incomprises par leur compagnon, ce qui peut devenir une source de tensions au sein du couple.

La question du couple renvoie aussi inévitablement à celle de la maternité. Cette impossibilité de concevoir un enfant renforce les sentiments d'infériorité, de culpabilité, de ne pas être "femme".

Ne pas pouvoir faire l'amour dans une société où le sexe est partout...

Les femmes vaginiques fondent leur sentiment d'infériorité sur la comparaison avec les autres. La société actuelle surexpose la sexualité ou plutôt une sexualité éloignée de la réalité, présentée comme une source de jouissance facile et accessible à tous. Dès lors, les femmes qui ne peuvent pas faire l'amour sont souvent persuadées que la sexualité est simple pour tout le monde sauf pour elles, ce qui engendre chez elles frustrations, colères, sentiments d'injustice et d'impuissance. On peut dire qu'elles survalorisent la sexualité des autres. Ces idées fausses renforcent leur sensation d'être différentes et leur donnent l'impression d'un but impossible à atteindre.

Voici l’une des raisons pour lesquelles il est extrêmement douloureux pour ces femmes de porter le poids du vaginisme au quotidien. De plus, d’autres situations fréquentes peuvent les renvoyer de manière brutale à leur vaginisme. Citons par exemple les questions maladroites de la famille concernant une grossesse qui se fait attendre ou encore les discussions autour de la sexualité entre collègues ou amis.

Dans ces situations, les femmes confrontées au vaginisme peuvent être mal à l’aise et celles-ci éprouvent le sentiment permanent de conserver un secret honteux. C’est entre autre pour cette raison qu’elles mettent parfois longtemps à en parler, ne serait-ce qu’à leur médecin.

Retrouver le chemin de sa féminité...

Le traitement du vaginisme n'est donc pas seulement physique et mécanique, il passe d'abord par le fait de se débarrasser de ces émotions négatives. La première étape consiste sans doute à replacer la sphère sexuelle à sa juste place afin de ne pas la laisser déborder sur le reste de la vie. Pour cela, il est important de prendre conscience que l’on reste une femme, même en étant vaginique. Il est donc  important de prendre soin de soi, et de s'accorder du/des plaisir(s).

Il faut également prendre conscience que l'épanouissement sexuel n'est pas une chose innée mais qu'il nécessite un parcours d'apprentissage pour tous et toutes. Toutes les femmes rencontrent un jour ou l’autre des problèmes (ponctuels ou chroniques) dans leur sexualité. Parmi elles, des millions de vaginiques à travers le monde souffrent pourtant d’un sentiment d’isolement.

C'est pour sortir de cet isolement que l'association Les Clés de Vénus a été créée. Il est en effet primordial que les femmes vaginiques sachent qu'elles ne sont pas seules et que la guérison est possible, elles peuvent ainsi rompre le cercle vicieux du mal-être quotidien et entrer dans une dynamique positive !

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Pour en savoir plus sur l'impact du vaginisme sur la vie de couple : "Quand le trouble s'invite au sein du couple"

Pour en savoir plus sur le vaginisme et les dyspareunies www.lesclesdevenus.org

A venir : Comment guérir du vaginisme ?

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