Sextoys en sexothérapie : une autre utilisation

Les sextoys sont des objets avec lesquels nous sommes de plus en plus familiarisés. Il en existe de toutes sortes, de toutes tailles, pour tout un tas de pratiques, seules ou en couple. Si leur utilisation est connue, il y en a une qui pourrait surprendre : leur emploi dans le cadre d'une sexothérapie, afin d'aider les patients à résoudre leurs troubles sexuels...

Les sextoys désignent tous les accessoires qui sont fabriqués dans le but de stimuler la fonction sexuelle et/ou érotique. Ils peuvent être utilisés en solo pour la masturbation, ou dans une relation de couple, afin de stimuler le désir, le plaisir, mais aussi pour expérimenter d’autres sensations.

Avec la multiplication des "love stores", et surtout la vente en ligne, leur acquisition devient de plus en plus aisée, sans pour autant se déplacer si nous n’en avons pas envie. L’acheteur peut faire son choix tranquillement derrière son écran, et comparer ce qui lui est proposé.

Justement, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les pratiques ! Exit le bon vieux godemiché ou vibromasseur achetés dans la honte sur les catalogues des ménagères ! Et bienvenue aux nouveaux vibromasseurs de toutes les couleurs, de toutes les formes, associés ou non à un godemiché qui lui, peut maintenant être double (double dong), waterproof... Tout est permis, y compris la stimulation/dilatation anale, grâce aux plugs.

Les règles d'hygiène de base

Acquérir un sextoy est excitant et stimulant. Mais attention, il faut bien savoir s’en servir. En effet, quelques règles sont à respecter : le laver après chaque usage, toujours l’utiliser avec un lubrifiant adapté et dans les utilisations indiquées, et éviter de le prêter.

Nous voyons ainsi que les sextoys sont des objets de plaisir. Alors, quels liens avec la sexothérapie ? Dans quels cadres un sexologue peut demander à ses patients d’en utiliser certains ? Est-ce que tous les sexologues les préconisent et s’en servent pour leur thérapie sexuelle ?

Bien évidemment, la réponse à cette dernière question est "non", car nous n’avons pas tous la même pratique, ni la même formation initiale. Pour ma part, travaillant avec une méthode comportementale et cognitive pour résoudre les dysfonctions sexuelles de mes patients, il m’arrive souvent de proposer certains sextoys, afin de les aider dans leurs exercices. Mais il s’agit de troubles bien précis comme l’anorgasmie ou le vaginisme par exemple.

Pour traiter l'anorgasmie et le vaginisme

Dans les cas d’anorgasmie, la femme est dans l’incapacité d’obtenir un orgasme avec son ou sa partenaire. S’agissant souvent de femmes qui ne se masturbent pas, nous travaillerons tout d’abord l’atteinte de l’orgasme par la masturbation. Après toutes les explications, j’aborde systématiquement l’emploi éventuel d’un mini-vibromasseur bien spécifique, et ce pour deux raisons. L’orgasme sera d’une part plus vite atteint dans la majorité des cas et, d’autre part, ces femmes préfèrent avoir un intermédiaire entre leur doigt et leur clitoris.

Dans les cas de vaginisme, les femmes ont une contracture involontaire des muscles du périnée, rendant impossible toute pénétration, même d’un tampon hygiénique. Là aussi, elles travailleront d’abord en masturbation, car c’est elles qui contrôleront la pénétration. Mais pas de n’importe quoi, et surtout pas d’un godemiché. Je conseille à mes patientes d’acheter des plugs, que je détourne de leur utilisation initiale (pénétrations anales), car il en existe de toutes tailles. Les femmes commencent avec le plus petit, pour progressivement atteindre ceux qui ont la taille d’un pénis.

Ces deux exemples illustrent bien que les sextoys peuvent être utilisés en sexologie. Cependant, il s’agit d’une méthode parmi d’autres, chaque sexologue ayant sa propre pratique clinique. Pour finir, j’insisterai sur le fait que l’utilisation de sextoys en sexothérapie se doit d’être proposée et non imposée, dans tous les cas expliquée et surtout, parfaitement maîtrisée par le thérapeute.


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