Bien manger coûte-t-il plus cher ?

Le budget alimentaire n’a jamais été aussi bas. Les ménages calculent aux plus près leurs dépenses et ce poste est particulièrement concerné par les restrictions budgétaires. Pour répondre à la demande du toujours moins cher, les hard-discounts fleurissent, les produits premiers prix et les promotions rivalisent pour attirer le consommateur. Mais nul ne peut ignorer que la qualité de son alimentation influence de manière significative son état de santé. Maîtriser son budget course ne doit pas impacter la qualité des aliments. Nous allons voir aujourd’hui comment concilier porte-monnaie et qualité nutritionnelle. Si, Si, c’est possible !

Le temps, c’est de l’argent. En réalité, plus vous passerez de temps en cuisine et moins cela vous coutera cher. Retrouvez les bons petits plats familiaux comme les sautés par exemple. Ils présentent l’avantage d’être cuisinés avec des morceaux moins chers mais qui après préparation sont aussi savoureux qu’une viande de 1ere catégorie. Faites vous-même vos pizzas et vos tartes : cela ne coûtera presque rien et les produits que vous utiliserez seront bien meilleurs que la version industrielle de cette même préparation.

 Pour les fruits et les légumes, il vaut mieux respecter la saisonnalité. En plus de les payer moins chers, vous bénéficiez au maximum des vitamines et des minéraux. Pour optimiser le rapport qualité/prix, ils doivent suivre des circuits courts. En effet, malgré des prix négociés auprès des producteurs, les végétaux que l’on trouve en grande surface restent relativement chers et peuvent manquer de fraîcheur. Pour pallier cela, il vaut mieux se fournir sur les marchés ou dans les AMAP (Associations Pour le Maintien de L’agriculture Paysanne). Ces dernières sont maintenant présentes partout en France, elles vous permettent d’acheter directement aux paysans sans aucun intermédiaire, des produits de qualité et récoltés le jour même (elles peuvent aussi fournir des produits d’origine animale : viande, œufs…).

Si vous ne pouvez pas vous fournir tout le temps en produits frais, ne vous en faites pas. Les surgelés peuvent assurer tout aussi bien. Avec un traitement thermique qui intervient très rapidement après la récolte, les valeurs nutritionnelles sont bien conservées. De plus, leur coût est identique tout au long de l’année et ils sont facilement portionnables, vous maitrisez ainsi votre budget et limitez tout gâchis.

Pensez à consommer des légumes secs !  Peu onéreux, ils ont une valeur nutritionnelle très intéressante. En les associant à des céréales, par exemple, semoule et pois-chiches ou haricots rouges et riz, vous aurez des protéines d’excellente qualité. Il est alors inutile de rajouter de la viande à ce repas.

Prévoyez vos menus et établissez des listes. C’est le meilleur moyen de ne pas errer au hasard dans les grandes surfaces. Ces magasins sont pensés pour favoriser les achats spontanés, en cherchant des idées-repas sur place, il y  a des chances pour que l’addition soit plus lourde. Vous avez donc tout intérêt à avoir listé ce qui vous est nécessaire et à vous y tenir. De même, essayez de faire vos courses après avoir mangé, vous serez moins tenté.

Attention aux étiquettes : Un produit moins cher, ne l’est peut-être pas !

Vous hésitez entre un nectar d’orange et un pur jus d’orange. Le packaging est identique, la marque aussi. Mais la différence de prix est significative : 1.33€ le litre pour le premier et 1.76€ le litre pour le pur jus. Si on regarde la composition, les nectars sont par définition composés de jus de fruits et d’eau contrairement au pur jus qui ne contient que du fruit. Au final, votre bouteille de nectar est pour moitié remplie d’eau (que vous allez payer 1.33€ le litre). Le jus d’orange est en réalité bien moins onéreux, pour une meilleure valeur nutritionnelle. Dans l’absolu, si on néglige la valeur de l’eau sucrée engagée dans la composition du nectar,  le jus d’orange utilisé pour sa composition est vendu près de 2.42€/litre soit 0.66€ de plus le litre par rapport à la boisson sans sucre ajouté.

Surveillez les pourcentages des ingrédients principaux, ils vous permettront de voir si le prix est justifié. Rappelez-vous que les produits sont énumérés dans l’ordre décroissant.

Regardez les prix au kilo, les conditionnements sont souvent trompeurs.

Faites attention aux allégations santé. Sous couvert d’intérêt pour la ligne ou pour le cholestérol, certains produits sont vendus plus chers. Là aussi, vérifiez que les ingrédients justifient cette majoration du prix. Regardez les valeurs nutritionnelles et comparez-les au produit de référence. Si la différence est moindre, consommez la version « classique » de ce produit tout en restant raisonnable.

 

Site des AMAP : http://www.reseau-amap.org/

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