Sexologues : qui sont-ils et quand venir les consulter ?

Les titres de « sexologue », « sexologue clinicien », ou encore « sexothérapeute » ne sont pas protégés ni réglementés, ce qui implique que n’importe qui peut s’autoproclamer « sexologue » quand il le souhaite ! Il en va de même pour les médecins sexologues, car ceux-ci sont censés effectuer la même formation que les non médecins pour pratiquer la sexologie. Cet article a pour but de clarifier la situation, en vous expliquant les différentes formations, les pratiques sexologiques, et enfin, nos domaines d’intervention.

Qui sont les sexologues ?

Pour devenir sexologue, il faut avant tout avoir une formation initiale dans le domaine de la santé : médecins généralistes ou spécialistes (psychiatres, gynécologues, urologues), psychologues, infirmiers, sages-femmes, conseillers conjugaux… La sexologie est donc une spécialité de cette formation initiale, qu’elle devienne la principale activité ou qu’elle aide le professionnel dans sa pratique quotidienne.

Quoiqu’il en soit, il me semble essentiel que tous les sexologues aient de solides bases en psychologie clinique, avant de pratiquer.

Quelles sont leurs formations ?

La formation de sexologie clinique est dispensée par des facultés de médecine, via un DU (Diplôme d’Université) ou un DIU (Diplôme Inter Universitaire). Elle dure entre 2 ans et 3 ans, en fonction des facultés. A la fin du cursus et à l’issue d’un mémoire, les étudiants obtiennent leur diplôme et peuvent ainsi commencer à exercer.

Quelques formations privées en sexologie existent mais elles ne délivrent pas de diplôme reconnu. Elles sont à l’initiative de sexologues qui proposent une formation basée sur leur expérience. Une autre grande différence réside dans le fait que les intervenants sont peu nombreux par rapport à une formation en faculté.

Par conséquent, seuls les DU ou les DIU ont une valeur réelle, attestant d’une formation de qualité en sexologie.

Comment pratiquent-ils ?

Contrairement à d’autres professions reconnues et réglementées, il n’existe pas encore de Code de Déontologie régissant notre profession, comme peuvent en avoir les médecins, les sages-femmes ou encore les psychologues. Cependant, une certaine éthique est de rigueur, ainsi qu’un respect des patients et des couples que nous recevons.

Seuls les médecins sexologues peuvent être amenés à examiner leurs patients et à prescrire des médicaments si cela s’avère nécessaire. Les sexologues non médecins, quant à eux, n’ont absolument pas le droit d’examiner leurs patients, même pour montrer une technique. Par conséquent, ils ne doivent pas vous examiner, vous toucher, vous montrer ou encore pratiquer avec vous les exercices qu’ils préconisent.

C’est non seulement interdit, mais aussi contraire à notre pratique. Si un de nos patients ne comprend pas bien ce que nous lui expliquons, nous devons avoir des planches anatomiques, des schémas pour lui montrer. Les exercices proposés doivent être expliqués simplement, avec l’aide éventuelle de dessins.

En résumé, avant de consulter un sexologue, n’hésitez pas à lui demander sa formation, mais aussi sa profession initiale, et où il a obtenu ses diplômes. C’est primordial pour votre future prise en charge, car le lien de confiance que vous allez tisser avec votre thérapeute doit se construire sur une totale transparence de celui-ci. Etre sexologue ne s’improvise pas et nécessite une solide formation que vous avez droit de connaître !

Quand venir consulter un sexologue ?

La sexologie est une discipline appartenant aux sciences humaines, regroupant tous les domaines de compréhension de la sexualité en général, de la fonction érotique humaine en particulier, à la fois du point de vue théorique et dans leurs applications pratiques.

Par conséquent, tous troubles sexuels et/ou déséquilibres dans le couple, peuvent amener les couples à consulter. De manière générale, je dirai qu’à chaque fois qu’un problème sexuel affecte une personne et engendre des conflits dans le couple, le recours à un sexologue est nécessaire. Il identifiera la problématique, proposera une stratégie et une méthode thérapeutique, en discutera avec le couple afin d’adapter au mieux cette thérapie aux attentes et aux possibilités du couple.

Car une sexothérapie ne se fait pas à la légère : elle demande du temps, de l'investissement personnel, de la motivation au changement, et surtout, elle a un coût (non remboursé par la Sécurité Sociale). Chaque sexologue est libre dans ses honoraires et a sa propre pratique clinique : l'interprétation et l'analyse des difficultés sexuelles (sexoanalyse), l'information et le conseil sexuels, la relaxation, les thérapies cognitivo-comportementales, l’hypnose…

Parfois, un  bilan de santé est nécessaire avant de commencer une sexothérapie. Car un trouble sexuel peut être lié à une maladie générale,  une prise de médicament, des désordres hormonaux ou une autre cause. Le sexologue, par ses questions, vous dira s’il y a la nécessité de vous adresser à un médecin : généraliste, urologue (pour les hommes) ou gynécologue (pour les femmes).

Pour conclure, les sexologues sont les spécialistes des troubles sexuels individuels et/ou en couple. Ils sont censés avoir une solide formation en sexologie clinique, sanctionnée par un diplôme universitaire. Maintenant que vous connaissez qui ils sont et leurs domaines de compétence, vous saurez détecter un vrai thérapeute.

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