Point G : mythe ou réalité ?

Le point G a été et reste encore très contesté. Depuis sa découverte en 1950, il fait l'objet de nombreux débats et remet en cause les anciennes théories, notamment psychanalytiques freudiennes. Parler du point G, c'est parler d'orgasmes féminins et de l'éternelle question de l'existence de deux types de jouissance : vaginale et clitoridienne. Alors, qu'en est-il de nos avancées sur ce sujet, existe-t-il vraiment?

Depuis plus de 60 ans, le point G fait couler beaucoup d'encre... Cependant, bien avant sa description en 1950 par un médecin allemand, Ernst Grafenberg (d’où le nom point « G »), la question de la différentiation entre orgasmes clitoridiens et vaginaux était au centre de tous les débats.

C’est Freud, il y a plus de 100 ans, qui affirmait qu’une femme était mature sexuellement, quand elle parvenait à obtenir des orgasmes vaginaux : les orgasmes clitoridiens étant pour lui la persistance d’une sexualité infantile. Nous savons maintenant que cette théorie n’a pas de fondement scientifique, car certaines femmes n’obtiendront jamais d’orgasmes vaginaux, tout en ayant une vie sexuelle totalement épanouie. Il apparaît aussi que ce type d’orgasme arrive avec le temps, l’expérience, mais ceci reste encore très théorique…

Quoiqu’il en soit, nous voyons bien que les orgasmes féminins intriguent, car ils restent secrets, liés à l’intimité de chaque femme et peuvent aussi varier d’une femme à l’autre ! Il fallait absolument essayer d’expliquer l’inexplicable, explorer anatomiquement les mécanismes si impénétrables de la jouissance féminine.

Voilà comment Ernst Grafenberg a décrit une zone mystérieuse et particulièrement sensible au niveau du tiers inférieur supérieur du vagin, qui gonflerait et serait responsable selon lui d’une émission de liquide en cas d’excitation extrême. Depuis, de nombreux sexologues, médecins et féministes s’affrontent sur l’existence réelle de cette zone. Certains pensent qu’il s’agit d’un « bouton » miracle sur lequel il suffirait d’appuyer pour atteindre systématiquement l’orgasme vaginal : exit alors l’expérience et/ou la non maîtrise de notre orgasme soit disant mature ! D’autres continuent à nier son existence, aux vues des études très sérieuses sorties récemment.

Mais alors, qu’en est-il réellement ? Existe-t-il ce fameux « point G » si prometteur de jouissance ? Et bien oui, à priori il existe bien ! Seulement, le vagin n’est pas une zone très sensible, car peu innervée, contrairement au clitoris, ou même l’anus. Seules certains endroits du vagin sont potentiellement très érogènes et donc excitables : le point G et le fond du vagin, au niveau du col de l’utérus. Le premier est plus stimulable en masturbation, mais peut aussi l’être par les mouvements de va et vient du pénis, et le second l’est plus au moment de la pénétration.

Mais tout dépend de la capacité qu’a chaque femme à se connaître, par les caresses et la masturbation, afin de trouver en elle les meilleures zones érogènes. Cette connaissance s’acquiert dès les premières masturbations, en général à l’adolescence et continue à l’âge adulte. La stimulation de ce fameux point G peut être divine, c’est pourquoi des sextoys sont conçus spécialement pour cette caresse. Maintenant que cette zone vaginale est identifiée, sa stimulation peut donner des orgasmes différents, souvent plus longs et plus intenses. Une bonne excitation préalable est nécessaire, autrement, l’effet risque d’être inverse, comme une sensation désagréable et une forte envie d’uriner.

Enfin, une théorie récente et forte intéressante a été proposée par Pierre Foldès, chirurgien spécialisé dans la reconstruction du clitoris chez les femmes ayant été excisées. Selon lui, le point G serait en réalité une extension des fibres nerveuses de la partie interne du clitoris, car celui-ci ne se borne pas qu’à sa partie visible, il se prolongerait jusqu’au point G, en intra-vaginal ! L’échographie a bien démontré qu’il existe une zone de contact entre le clitoris interne et le fameux point G.

Cette découverte anatomique due aux progrès de la science pourrait remettre en cause la différenciation entre les deux orgasmes féminins. Et si l’orgasme soit disant vaginal, car survenant lors de pénétrations, était d’origine clitoridienne ? Cette question n’a pas fini d’animer de nombreux débats en sexologie, d’où la richesse de notre réflexion thérapeutique. Rendez-vous peut-être dans quelques années pour avoir des réponses unanimes…