Infarctus, AVC : c'est aussi une affaire de femmes Infarctus et AVC : ça n'arrive pas qu'aux hommes

les femmes fument de plus en plus tôt, tout en prenant la pilule : un cocktail
Les femmes fument de plus en plus tôt, tout en prenant la pilule : un cocktail qui ne pardonne pas. © Dalaprod - Fotolia.com

Instinctivement, quand on pense à l'infarctus du myocarde, on imagine un homme, la cinquantaine, avec un peu de bedaine. Mais la réalité est toute autre : les pathologies cardiovasculaires font davantage de victimes chez les femmes que chez les hommes. Elles sont ainsi responsables d'un décès sur 3 chez les femmes en 2014 et se hissent ainsi au premier rang des causes de décès. Les maladies cardiovasculaire sont même huit fois plus meurtrières que le cancer du sein. En constante augmentation, les infarctus et les AVC touchent aussi des femmes de plus en plus jeunes. 

Tabac, stress... Les femmes vivent aujourd'hui comme des hommes. Si les femmes sont plus qu'hier touchées par les pathologies cardiovasculaires, c'est parce que leur mode de vie a évolué. Depuis les années 70, en effet, elles ont adopté progressivement les mêmes comportements à risque que les hommes. Le coupable numéro 1 étant le tabagisme féminin. "Avant 50 ans, plus d'un infarctus sur deux chez la femme est lié au tabac !" rappelle le Pr Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHRU de Lille et Présidente de la Société Française de Cardiologie. Sans parler du cocktail tabac et pilule : après 35 ans, l'association d'une contraception contenant des oestrogènes de synthèse avec le tabac multiplie par 30 le risque d'infarctus. Mais ce n'est pas tout : les femmes consomment aussi davantage d'alcool et elle sont aussi plus touchées par le stress, dont on sait que c'est un facteur de risque cardiovasculaire. Aujourd'hui, les femmes s'occupent de la maison, des enfants, tout en menant une activité professionnelle stressante. Au final, elles accumulent énormément de tension. Et à force, c'est leur cœur qui trinque, explique ainsi la cardiologue. "Le stress agit directement sur le métabolisme et augmente la rupture des plaques de cholestérol, ce qui favorise les infarctus. Et indirectement, le stress chronique conduit les femmes a grignoter, à fumer... ce qui augmente encore les risques", souligne le Pr Mounier-Vehier.

Les femmes n'échappent pas à la malbouffe et à la sédentarité. Aussi, le surpoids et le diabète a beaucoup progressé ces dernières années. Mais leurs répercussions en termes de mortalité cardiovasculaire sont bien souvent méconnues, voire ignorées. D'autant plus que là, encore, hommes et femmes ne sont pas traités à la même enseigne. Ainsi le diabète augmente le risque de mortalité cardiovasculaire de 3 à 7 fois chez les femmes, contre 2 à 3 fois chez les hommes.

"Les femmes sont aujourd'hui plus exposées à tous ces facteurs de risque. Or, ils ont un effet plus toxique sur leurs artères que sur celles des hommes, souligne le Pr Claire Mounier-Vehier. Et le problème, c'est que les femmes se sentent souvent protégées du risque cardiovasculaire par leurs hormones." Ce qui est vrai, en théorie : les oestrogènes rendent les artères des femmes plus souples et évitent ainsi la formation de caillots sanguins. Mais les comportements à risque réduisent cet effet protecteur. "Ainsi, il suffit qu'une femme fasse de l'hypertension, qu'elle fume, qu'elle soit en surpoids ou simplement soumise à du stress, pour que cette protection naturelle disparaisse." Pour résumer, même si elles sont protégées au départ, elles sont, en réalité plus sensibles aux facteurs de risque. Et ça, peu de femmes le savant malheureusement.

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