Infarctus, AVC : c'est aussi une affaire de femmes 3 périodes qui malmènent le cœur des femmes. Les connaissez-vous ?

la polémique autour des pilules de 3e génération a permis d'améliorer les
La polémique autour des pilules de 3e génération a permis d'améliorer les conditions de prescription des contraceptifs. © ursule - Fotolia.com

On l'a vu, les femmes sont plus sensibles que les hommes aux facteurs de risque classiques, comme le tabac ou le stress. Elles doivent par ailleurs être particulièrement attentives aux facteurs de risque hormonaux.

 Contraception. Les coupables, ce sont les oestrogènes de synthèse (ethinylestradiol) contenus dans les pilules combinées, mais aussi dans les patchs et anneaux contraceptifs qui peuvent potentiellement favoriser la formation de caillots sanguins, et donc, augmenter les risques d'accidents veineux et artériels. En 2013, les pilules de 3e et 4e génération avaient essuyé de nombreuses critiques, après qu'une jeune fille handicapée à la suite d'un AVC ait portée plainte contre le laboratoire Bayer. Mais cette "crise" avait en tout cas été bénéfique pour la santé des femmes : depuis, les recommandations de prescription ont été revues et les femmes sont désormais mieux informées quant aux effets secondaires des pilules. "Tous les accidents qui ont eu lieu sous pilule, étaient liés à une mauvaise connaissance de l'histoire familiale des patientes. Aujourd'hui, les recommandation sont claires : aucune prescription de pilule, quelle que soit sa génération, ne peut être faite sans un interrogatoire poussé, confirme le Pr Claire Mounier-Vehier. Qu'il s'agisse d'une première contraception ou d'un renouvellement de pilule, le professionnel de santé doit vérifier qu'il n'y a pas de contre-indication, par exemple des cas de phlébites dans la famille de la patiente." Après 40 ans, les femmes doivent également revoir leur contraception et faire le point avec leur gynécologue. En effet, les contraceptions contenant des oestrogènes de synthèse sont alors contre-indiquées, précise la cardiologue.

 Grossesse. "La période de la grossesse est une loupe pour identifier les femmes à risque cardiovasculaire, explique Claire Mounier-Vehier. Ainsi, une femme qui a du mal à fabriquer son placenta peut développer une hypertension artérielle." La grossesse peut également révéler des pathologies cardiaques jusque là ignorées, comme des anomalies de la coagulation. Un diabète dépisté pendant la grossesse peut par ailleurs persister après la grossesse.

 Ménopause. Avec la ménopause, la sécrétion des œstrogènes s'arrête et celles-ci n'exercent alors plus leur effet protecteur sur le cœur. Les femmes doivent donc redoubler de vigilance en adoptant de bons réflexes alimentaires et en pratiquant une activité physique régulière. "A partir de la ménopause, les femmes ont tendance à prendre du poids, en particulier au niveau abdominal. Elles commencent aussi à avoir trop de graisses et trop de sucres dans le sang. Leurs artères deviennent plus épaisses et plus rigides, ce qui peut conduire à une hypertension artérielle et à la formation de caillots sanguins", décrit le Pr Mounier-Vehier.

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