Causes et traitements de l'hypertension artérielle Etablir un diagnostic d'hypertension rapidement

mesurer sa pression artérielle, un jeu d'enfant ? pas tant que ça !
Mesurer sa pression artérielle, un jeu d'enfant ? Pas tant que ça ! © iStockphoto / Thinkstock

Mesurer sa pression artérielle, c'est presque un jeu d'enfant, du moins en apparence. Trois ustensiles indispensables : le brassard, le cadran de mesure et un stéthoscope. Le médecin gonfle le brassard pour comprimer l'artère. Aucun bruit dans le stéthoscope. Puis il dégonfle progressivement le brassard, relâchant ainsi la pression sur le bras. Le sang recommence à passer progressivement, émettant ainsi un bruit. Le chiffre sur le cadran au moment où ce bruit devient perceptible est la pression artérielle maximale, la systole. Le chiffre indiqué par le cadran au moment où ce bruit disparaît correspond à la pression artérielle minimale, la diastole.

Pour être fiable, encore faut-il que cette mesure soit faite correctement. "Il y a des règles précises", explique Jean-Jacques Mourad.

  Avant tout, le patient doit être allongé ou assis, au calme depuis au moins dix minutes. Ce qui est rarement le cas lorsqu'on se rend chez le médecin. "S'il devait faire asseoir ses patients pendant dix minutes avant de les ausculter, vous imaginez les files d'attente à l'entrée du cabinet !"

  Le brassard utilisé par le médecin doit être adapté à la circonférence du bras du patient. "Ce n'est pas toujours le cas, à cause du nombre croissant de personnes en surpoids."

  En théorie, les mesures devraient être répétées plusieurs fois. Idéalement : trois fois le matin, trois fois le soir, pendant trois jours? Autant prendre un abonnement chez le médecin, à ce rythme-là !
 Mieux vaut que le médecin ait une excellente ouïe puisque la mesure repose sur le moment où il entend le bruit du sang passant dans l'artère.

Les chiffres de la pression artérielle mesurés dans un cabinet médical sont donc souvent un peu faussés. Sans compter le fameux "effet blouse blanche", c'est-à-dire le stress provoqué par une visite chez le médecin, qui peut faire sensiblement augmenter la pression. "D'une manière générale, ils sont surestimés par rapport à la valeur réelle", précise le Dr Mourad.

Auto-mesure

Pour remédier à cela, les médecins prêtent donc de plus en plus d'intérêt aux mesures effectuées par le patient lui-même, à son domicile, grâce à un appareil d'auto-mesure. "Cinq millions de patients possèdent ce type d'appareil. Il est très simple d'utilisation et généralement fiable s'il est bien utilisé. Cela permet de répéter régulièrement les mesures, dans un contexte plus serein. Le médecin pourra donc faire une moyenne sur les mesures effectuées dans les semaines qui auront précédé le rendez-vous." Ces appareils d'auto-mesure sont la plupart du temps automatiques mais il ne faut pas hésiter à demander au pharmacien des conseils quant à leur bonne utilisation.

Il existe également des appareils conçus pour mesurer la pression artérielle sur une durée de 24 h. Ils peuvent servir à confirmer ou infirmer une suspicion d'hypertension après des mesures "limites" ou à vérifier l'efficacité d'un traitement tout au long de la journée. Il est également possible, selon le même principe, de faire mesurer sa pression artérielle lors de tests à l'effort chez un médecin.

"A partir de 40 ans, il est bon de faire vérifier sa tension artérielle au moins une fois par an, précise le Dr Mourad. S'il existe des facteurs de risques, héréditaires ou environnementaux, il est préférable de commencer cette surveillance régulière avant." Dans tous les cas, il est bon de vérifier sa pression quand on en a l'occasion, à la pharmacie ou chez son médecin traitant.

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