AVC : agir vite pour limiter les séquelles Rééducation : au-delà du handicap physique, la souffrance psychique

Même si elle ne permet pas de revenir à la vie d'avant, la rééducation est indispensable pour retrouver capacités et autonomie. Elle doit être commencée le plus vite possible, dans un centre de réadaptation, puis au domicile. Objectif : améliorer les capacités fonctionnelles, apprendre à vivre avec son handicap, s'adapter et retrouver son autonomie. Elle est souvent longue et fait appel à différents professionnels, tels que les kinésithérapeutes et les orthophonistes.

 L'ergothérapeute a ici un rôle prédominant pour aider le malade à retrouver une autonomie. Disponible également pour les proches, il intervient dans un premier temps avant le retour au domicile pour préparer la sortie de l'hôpital et anticiper la suite et, dans un second temps, au moment du retour au domicile. Concrètement, il procède à des mises en situation pour apporter des réponses pratiques et spécifiques.

 Pour les activités du quotidien (habillage, préparation des repas, démarches administratives), il propose des manières de faire, des aides techniques et aménagements du domicile (fauteuil roulant, barres d'appui sur les murs, sièges de baignoire) et des soins à domicile (pour le ménage, les repas).

la kinésithérapie aide à retrouver l'usage du membre atteint.
La kinésithérapie aide à retrouver l'usage du membre atteint. © JPC-PROD - Fotolia.com

Pour retrouver une vie sociale, l'ergothérapeute apporte des solutions pour mieux accepter le regard des autres, surmonter les difficultés de communication, pour se déplacer et s'orienter à l'extérieur, etc.

 Le kinésithérapeute. Même si une personne hémiplégique ne retrouve pas ses capacités d'avant l'attaque cérébrale, elle peut certainement faire de gros progrès afin d'utiliser au mieux son corps. La rééducation commence généralement dans un centre spécialisé pendant plusieurs semaines puis continue à la maison. En pratique, elle vise à retrouver une motricité par différents exercices (renforcement des muscles, amélioration de la circulation du sang, exercice physique...) ou à stabiliser les positions (assise, debout). Et aussi à retrouver l'usage du membre atteint : utiliser la main atteinte pour des petits gestes, développer le toucher, etc.

 L'orthophoniste. Lorsque c'est la partie gauche du cerveau qui est touchée par l'AVC, les séquelles concernent généralement les troubles du langage (aphasie). Concrètement, le malade éprouve des difficultés pour construire des phrases, exposer sa pensée, prononcer les mots et aussi comprendre. Le travail de l'orthophoniste consiste à rééduquer parallèlement le langage écrit et le langage oral. Pour l'entourage rien ne sert de parler fort, en revanche il est utile de parler lentement et de faire des phrases courtes. Par ailleurs, il est recommandé de ne pas faire semblant de comprendre lorsqu'un message est incohérent, mieux vaut que la personne en prenne conscience. Enfin il est indispensable d'éviter les conversations avec trop de personnes et les ambiances bruyantes.

Lorsque c'est la partie droite qui est en cause, le malade perd la conscience de son côté gauche. En fait son cerveau ne fait plus les connexions. Ainsi, il se cogne souvent, il cherche les objets placés à sa gauche, son champ visuel occulte le côté gauche, etc. L'orthophoniste va l'aider, petit à petit et sur une longue période, à réduire ses troubles de lecture, à écrire, à mieux s'orienter par exemple.

 Accepter son corps diminué, affronter les difficultés du quotidien, se sentir envahissant pour les proches... Au-delà du handicap physique, il faut faire face à une souffrance psychique. De ce fait, les dépressions ne sont pas rares. Le danger, c'est bien sûr qu'elles soient des freins à la récupération. Un soutien psychologique, aussitôt que possible, est très utile pour surmonter l'épreuve. Il permet d'évacuer angoisses et sentiments négatifs. Même en cas de troubles de la parole, les psychologues peuvent intervenir via d'autres moyens de communication.

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