Une douleur dans la poitrine ? Chez les femmes, ça ne se passe pas comme ça !

Méconnus, les symptômes de l'infarctus chez les femmes sont différents de ceux des hommes. Zoom sur ces trois signes atypiques.

Une douleur dans la poitrine ? Chez les femmes, ça ne se passe pas comme ça !
© Fédération Française de Cardiologie

Près de la moitié des femmes de moins de 60 ans victimes d'un infarctus du myocarde n'ont pas ressenti le classique symptôme retrouvé chez les hommes, à savoir la douleur dans la poitrine irradiant le bras gauche et la mâchoire. A l'occasion de la semaine du cœur, du 26 septembre au 2 octobre, la Fédération Française de Cardiologie dévoile une campagne de sensibilisation afin de mieux informer les femmes sur les symptômes pouvant révéler un infarctus.

3 signes de l'infarctus. Pour interpeller le grand public, la Fédération Française de Cardiologie lance un film de sensibilisation, qui capte le désarroi de comédiennes face à leur incapacité à jouer les symptômes d'un infarctus lors d'un casting insolite. Et pour cause : ces signes sont atypiques et complètement méconnus par le grand public. Les femmes doivent en effet s'alerter face à 3 signes atypiques : la sensation d'épuisement, l'essoufflement à l'effort et les nausées, explique la Fédération française de cardiologie dans un communiqué de presse. En outre, précise-t-elle, les femmes présentant au moins un facteur de risque cardiovasculaire (tabac, stress, sédentarité, hypertension artérielle, cholestérol, diabète, etc.) doivent être encore plus vigilantes.

Le problème, c'est que les médecins eux-mêmes passent parfois à côté du diagnostic. En résulte une moins bonne prise en charge, des examens moins fréquents et moins efficaces. Angiographies, électrocardiogrammes d'effort, angioplastie, etc. sont ainsi moins souvent réalisés chez les femmes. Une étude publiée fin août 2016 par des chercheurs de l'université de Leeds (Royaume-Uni) a même révélé que les femmes présentaient, par rapport aux hommes, un risque réel d'être mal diagnostiquées.

"Ces symptômes atypiques contribuent à une prise en charge trop tardive des femmes lors d'un infarctus, confirme le Pr Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHRU de Lille et présidente de la Fédération Française de Cardiologie. Les signes avant-coureurs peuvent passer inaperçus et minorer l'alerte, sachant que les femmes ne sont pas suffisamment conscientes que l'accident coronaire peut les toucher. De plus, elles ont souvent tendance à sous-estimer leur douleur et à être dans le déni. C'est une véritable perte de chance, car les femmes se remettent moins facilement. Leurs artères sont plus difficiles à revasculariser, plus fines et plus fragiles que celles des hommes."

Les infarctus ne concernent pas que les hommes. Selon une récente étude de l'Institut national de veille sanitaire (InVS), les femmes sont même au cœur du risque cardiovasculaire. Le nombre d'hospitalisations pour un infarctus du myocarde a progressé de 5 % par an entre 2009 et 2013. De plus, une femme sur trois décède d'une pathologie cardio-cérébro-vasculaire. C'est huit fois plus que par cancer du sein. 

La semaine du cœur, du 26 septembre au 2 octobre. De nombreuses manifestations sont prévues partout en France : rencontres avec les chercheurs, conférences, dépistage des facteurs de risque, information sur les gestes qui sauvent… Consultez le programme complet de la Semaine du cœur.

Voir le clip de la campagne :

 

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