Arrêt cardiaque : des signes avant-coureurs à ne pas prendre à la légère

Selon des chercheurs de l’Inserm, un arrêt cardiaque est précédé dans plus de la moitié des cas par des signes avant-coureurs dans le mois qui précède.

Arrêt cardiaque : des signes avant-coureurs à ne pas prendre à la légère
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Pas de fatalité ? Aussi appelée "mort subite de l'adulte", l'arrêt cardiaque survient brutalement, suite à un dérèglement de l'activité cardiaque, le plus souvent à la suite d'un infarctus du myocarde. Soudainement, les battements cardiaques - habituellement réguliers - se désynchronisent, empêchant alors le coeur d'assurer son rôle de pompe et d'irriguer correctement l'organisme. Jusqu'ici on pensait que rien ne pouvait laisser présager la survenue d'un arrêt cardiaque. Mais selon une étude française (Inserm, AP-HP, Université Paris Descartes), publiée dans Annals of Internal Medecine, plus de la moitié des patients victimes de ces morts subites présenteraient des signes avant-coureurs dans le mois qui précède. Ce qui laisserait donc le temps d'intervenir. Pour arriver à cette conclusion, Eloi Marijon, cardiologue dans le Centre d'Expertise Mort Subite de l'Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP), s'est intéressé à un groupe de 839 hommes et femmes décédés d'un arrêt cardiaque en Californie. Tel un enquêteur, il a alors reconstitué avec le plus de précision possible, et à l'aide de témoins, médecins et membres des familles, les différents événements survenus dans les 4 semaines précédant l'accident.

Douleur, essoufflement, perte de connaissance. Au terme de son enquête, le chercheur conclut que la douleur dans la poitrine, l'essoufflement d'effort et les pertes de connaissance sont les signes les plus fréquemment retrouvés. Dans deux cas sur trois, les douleurs étaient caractéristiques de l'infarctus (intenses, en étau). Mais, précise-t-il, "elles avaient été intermittentes jusqu'à la survenue de l'arrêt cardiaque". Quant aux difficultés pour respirer, le médecin a remarqué qu'elles démarraient quelques jours avant et étaient le plus souvent continues jusqu'à l'arrêt cardiaque. Eloi Marijon a ensuite cherché à comprendre si les personnes s'étaient ou pas inquiétées de ces symptômes. Et la réponse est : plutôt non. En effet, seulement 19% de ces patients avaient appelé les secours (équivalent du 15 en France). "La leçon, c'est que si vous avez ce genre de symptômes, il ne faut pas les ignorer. Si vous êtes dans cette situation, allez au plus vite voir votre médecin traitant. Et surtout ne perdez pas de temps", insiste l'auteur de l'étude. Ces nouvelles données devraient aussi motiver la communauté médicale à développer de nouvelles stratégies préventives afin de mieux identifier les sujets à risque. 

Comment réagir lorsqu'on est témoin ? Les arrêts cardiaques sont impressionnants : la victime tombe et perd connaissance immédiatement, insensible à toute stimulation.  Si elle ne respire pas ou que les mouvements respiratoires sont inefficaces, lents, bruyants et anarchiques, c'est qu'il s'agit d'un arrêt cardiaque, précise la Fédération française de cardiologie. Elle conseille alors d'agir immédiatement (appeler le 15). Et pour cause : dès la troisième minute, privé d'oxygène, le cerveau commence à souffrir et des lésions apparaissent. Et si aucun geste de réanimation n'est pratiqué dans les huit minutes pour faire repartir le coeur, les chances de survie sont quasi nulles. 

Chaque année, environ 50 000 Français décèdent prématurément d'un arrêt cardiaque. Soit environ un arrêt cardiaque toutes les 10 minutes : dix fois plus que de tués sur la route.

Plus d'infos pour se former aux premiers secours 

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