AVC : le risque augmenté pour les gros travailleurs

Le risque de développer une maladie des artères est accru lorsque le travail dépasse les 40 heures par semaine, selon une étude publiée dans la revue The Lancet.

AVC : le risque augmenté pour les gros travailleurs
© Sebastian Gauert

Travailler plus de 40 heures par semaine augmenterait le risque d’affection coronaire et d’accident vasculaire cérébral (AVC), selon une étude britannique publiée dans la revue médicale The Lancet. Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont étudié différentes données concernant plus de 600 000 personnes originaires d’Europe, des Etats-Unis et d’Australie, suivies pendant 7 à 8 ans. Les scientifiques ont pris en compte divers facteurs tels que le tabagisme, la consommation d’alcool et la sédentarité. C’est la première fois qu’une étude aussi précise s’intéresse au lien entre les AVC et les horaires de travail.

Près de 9% des employés français concernés. Selon les chercheurs, le risque d’AVC augmente parallèlement à la durée du travail. Ainsi, les personnes travaillant entre 41 et 48 heures par semaine voient leur risque grimper de 10% par rapport à celles ayant un travail hebdomadaire de 35 à 40 heures. Ce risque est accru de 27% pour les individus qui travaillent entre 49 et 54 heures, et atteint même les 33% pour les individus travaillant plus de 55 heures. Ces derniers ont par ailleurs un risque augmenté de 13% de développer une maladie coronarienne due à l'obstruction des artères coronaires. Selon le commentaire joint à l’étude et écrit par le Dr Urban Janlert de l’université suédoise Umea, le pays ayant la plus grosse proportion de salariés travaillant plus de 50 heures hebdomadaires est la Turquie avec 43%,  rapporte l'AFP. Le Mexique (28,8%) et la Corée du Sud (27,1%) arrivent en 2ème et 3ème position. La France se situe quant à elle en 9ème position avec 8,7% d’employés comptant plus de 50 heures de travail par semaine.

Un enjeu de santé publique majeur. Les mécanismes liant le temps de travail au risque d'AVC ne sont pas clairement identifiés. D'après les scientifiques, ce seraient en fait des épisodes de stress qui pourraient "élever la pression artérielle, le rythme cardiaque et augmenter les arythmies et la coagulation". Pour l'heure, les principaux facteurs de risque connus sont l'hypertension artérielle, le tabagisme, le diabète, l'hypercholestérolémie, l'âge, la sédentarité... Selon l'Institut de veille sanitaire, la mortalité par AVC est un enjeu de santé publique majeur avec 33 000 décès par an en France.

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