Paralysie, trouble de la parole... Vite le 15 !

Trouble de la parole, inertie d'un membre, paralysie du visage... Dès l'apparition d'un des principaux symptômes de l'AVC, le réflexe doit toujours être le même : appeler le 15, le plus vite possible.

Paralysie, trouble de la parole... Vite le 15 !
© Ion Chiosea - 123 RF

Parce qu'un AVC survient toujours de façon brutale, sans prévenir, la nouvelle campagne d'information sur l'AVC, lancée ce 29 octobre, par la Fédération Nationale France AVC et la Fondation Cœur et Artères, en collaboration avec Bayer, a vocation de sensibiliser aux symptômes de l'AVC ainsi qu'à l'urgence d'appeler le 15. En France, un AVC frappe une personne toutes les 4 minutes ! Intitulée "AVC VITE le 15 ! Un seul geste suffit", cette campagne rappelle que plus la prise en charge est rapide et bien orientée, plus le pronostic vital est amélioré. 

Les UNV améliorent la prise en charge. La mortalité à 1 mois a été considérablement réduite en 30 ans passant de 25% à 9% . La raison ? Une meilleure prise en charge médicale, plus spécialisée, au sein des unités neuro-vasculaire (UNV), mises en place dès les années 1995. Ce qu'il faut comprendre, c'est que contrairement à l'infarctus, les soins à apporter aux victimes ne peuvent pas commencer avant d'arriver à l'hôpital. Dans le cas d'un AVC, il faut disposer d'un plateau d'imagerie (IRM, scanner) pour déterminer la cause (hémorragie ou ischémie). Ce n'est que dans un second temps que les traitements commencent. Voilà pourquoi, il est indispensable d'être orienté vers un service spécialisé avec également la présence de médecins et d'infirmières 24H/24H. Plus rapidement une victime d'AVC est prise en charge au sein de ces services dédiés, plus vite elle peut bénéficier d'examens et de traitements. Et l'intérêt de passer par le Samu (15), c'est qu'il travaille en réseau avec les unités neuro-vasculaires. Même s'il reste encore du chemin à parcourir en terme de maillage du territoire afin d'améliorer les délais d'intervention, appeler le 15, permet d'être orienté vers un service dédié et efficace, sans perte de temps"Seul le 15 dispose d'une cartographie régionale des unités de soins et est donc le plus à même d'orienter le patient dans la bonne filière. Même si certaines régions ne possèdent qu'une unité neuro-vasculaire (UNV), le 15 permet de bien guider le patient en fonction de son âge, du délai et de la gravité des symptômes , insiste le Pr Maurice Giroud, neurologue et chef de service de neurologie vasculaire au CHU de Dijon. 

Quels sont les symptômes de l'AVC ? Trouble de la parole, faiblesse d'un bras ou d'une jambe, paralysie du visage, déviation de la bouche... dès l'apparition d'un des principaux symptômes de l'AVC, il reste seulement 4h30 pour agir, rappelle par ailleurs cette campagne lancée à l'occasion de la Journée mondiale contre l'AVC. 

"Nous constatons malheureusement que les patients arrivent souvent trop tard à l'hôpital car les proches ne connaissent pas bien les symptômes et agissent trop tard", commente le Pr GiroudFace à un ou plusieurs de ces symptômes, le réflexe doit toujours être le même : appeler le 15, vite. Car plus l'AVC est pris en charge tôt, mieux l'AVC peut être traité.

Rappelons que ces symptômes peuvent toucher les hommes, comme les femmes, quel que soit leur âge. Le Pr Maurice Giroud, dirige le réseau Bourgogne-AVC et est responsable du registre AVC. Il constate une augmentation des AVC chez les jeunes ces dernières années. "En trente ans, nous avons observé à Dijon une hausse de 20% de survenue d'AVC chez les jeunes sujets âgés entre 20 ans et 55 ans. Cette observation est également constatée en Angleterre, à Oxford, ainsi qu'en Nouvelle-Zélande, à Auckland". Selon ce spécialiste, "le régime "Fast-food" des jeunes, la consommation de sodas ainsi que la consommation de tabac et surtout de cannabis" sont de sérieuses pistes pour expliquer cette hausse de l'AVC chez les jeunes.

Comment limiter les risques ? Il est possible de limiter le risque d'AVC, en adaptant son mode de vie. Le premier facteur de risque est l'hypertension artérielle. Le tabac, le surpoids, la sédentarité ou encore le diabète sont également impliqués. Chez les femmes, attention à la triade explosive "pilule, migraine, tabac"

Chaque année, en France, environ 130 000 nouvelles personnes sont victimes d'un AVC. Parmi elles, 33 000 en meurent durant le 1er mois. C'est aussi la première cause de handicap en France. 

Deux types d'accident vasculaire cérébral. Dans 80% des cas, l'AVC est la conséquence de la formation d'un un caillot sanguin qui bouche une artère du cerveau. On parle d'AVC ischémique. Dans les 20% restants, l'AVC est provoqué par une hémorragie. Il s'agit d'un AVC hémorragique.

Lire le dossier AVC sur le site du Ministère de la santé

En savoir plus sur cette campagne d'information : www.avcvitele15.com.

Lire aussi