Les enfants, premières victimes des allergies

Les enfants sont particulièrement touchés par les allergies qu’elles soient respiratoires ou alimentaires. Comment reconnaître les symptômes ? Quels sont les facteurs aggravants ?... On fait le point.

© Grzegorz Placzek

Plus touchés que les adultes, les enfants sont les premières victimes des allergies, quatrième maladie dans le monde selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Au cours des 20 à 30 dernières années, la prévalence des maladies allergiques a d'ailleurs considérablement augmenté dans les pays industrialisés. Aujourd'hui, 15 à 20% des enfants sont touchés par une rhinite et une conjonctivite allergique ou par un eczéma atopique. En ce qui concerne l'asthme, il touche entre 7 et 10% des bambins. Les allergies alimentaires sont quant à elles plus rares puisqu'elles touchent 5% des enfants mais elles sont toutefois trois fois plus fréquentes chez les enfants que chez les adultes.

Des symptômes variés. Une allergie peut parfois être négligée. Il n'est par exemple pas rare de voir certains parents confondre une allergie respiratoire avec une grippe. Aussi, est-il important de reconnaître les premiers symptômes pour éviter de trop attendre avant d'emmener son enfant chez le médecin. Par exemple, un enfant affecté par une allergie respiratoire va généralement tousser, éternuer, avoir des picotements des yeux et des larmoiements mais il peut aussi avoir le nez qui coule, bouché ou qui démange. En cas d'allergie de contact, une éruption cutanée sur le visage, le front et les joues apparaît ainsi qu'un gonflement au niveau de la tête, des mains et des pieds. Bien que plus rare, l'allergie alimentaire fait partie des allergies potentiellement graves voire mortelles. La majorité des cas de réactions anaphylactiques sont en effet causées par des aliments. "Cette réaction grave de l'organisme va souvent débuter par des signes allergiques au niveau de la bouche et de la gorge (picotements, œdèmes des lèvres, de la gorge) puis se poursuivre par des difficultés de la parole, à la déglutition et respiratoires. Il peut même y avoir une baisse de la tension artérielle avec une perte de connaissance", précise le communiqué de l'association Asthme & Allergies. Le Pr Jocelyn Just, pneumo-allergologue pédiatrique à l'hôpital Trousseau, conseille de prendre en charge l'asthme et les allergies de l'enfant le plus tôt possible afin d'éviter que les allergies se multiplient.

Des facteurs aggravants dans notre environnement. Une allergie est due à la combinaison de facteurs héréditaires et environnementaux. Elle peut par ailleurs être aggravée par différents facteurs, notamment le tabagisme passif. En effet, celui-ci "peut aggraver les allergies et notamment l'asthme en ralentissant sa croissance pulmonaire. Il conviendra de ne pas fumer à l'intérieur des habitations, même dans la cuisine avec la fenêtre ouverte, car la fumée de tabac passe en dessous des portes et circule dans le reste de ces lieux", explique le Pr Just. La pédiatre pneumo-allergologue conseille par ailleurs d'aérer chaque pièce de la maison 30 minutes, et ce quotidiennement afin de réduire l'humidité, les moisissures et les acariens. Les enfants allergiques aux pollens ne doivent quant à eux pas faire d'activité sportive au moment d'une saison pollinique afin d'éviter toute crise d'asthme.

Les ados, moins observants. Si les parents sont particulièrement vigilants quant à l'allergie de leur enfant, c'est plutôt au moment de l'adolescence que les problèmes peuvent se poser. Certains adolescents vont en effet parfois négliger leur maladie et se mettre en danger. Ainsi, "les chocs anaphylactiques sont quatre fois plus fréquents chez l'adolescent et l'adulte que chez l'enfant". L'association indique par ailleurs que "sept adolescents sur 10 ne suivent pas les recommandations de leur médecin (prise de médicaments, suivi et surveillance de l'asthme, mesures d'éviction des allergènes…)" d'où la nécessité d'intégrer "l'éducation thérapeutique dans le parcours de soin dès le début de la maladie".

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