Particules fines et pollution : quels sont les effets sur la santé ?

Yeux qui piquent, gorge qui gratte, difficultés pour respirer… Les répercussions de la pollution sur la santé sont indéniables. A court et long terme, le point sur des symptômes à ne pas négliger.

Particules fines et pollution : quels sont les effets sur la santé ?
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Un grave pic de pollution frappe la région Ile-de-France. De longue durée, avec des niveaux très élevés de particules fines dans l'air, il représente un risque pour la santé des Parisiens et des Franciliens. La Ville de Paris a d'ailleurs pris des mesures de restrictions de circulation. De plus, Anne Hidalgo va recevoir jeudi 8 décembre une délégation de pneumologues des hôpitaux franciliens, qui constatent notamment une progression des pathologies liées au phénomène de pollution chronique, telles que l'asthme. L'occasion de revenir sur l'impact de la pollution sur notre santé.

Les particules fines, c’est quoi ? Il en existe deux sortes : les PM10 (moins de 10 micromètres de diamètre), et les PM2,5 (moins de 2,5 micromètres de diamètre). Ces dernières sont les plus nocives pour la santé car, de part leur moindre taille, elles pénètrent plus en profondeur dans l'organisme. Ce sont elles qui ont déclenché l’alerte pollution à Paris. Et la météo, particulièrement "favorisante" ces derniers jours, a contribué à intensifier le pic de pollution. En effet, l’air froid, habituellement en haute altitude, s’est retrouvé piégé en basse altitude, de sorte qu’il a en "emprisonné" la couche de pollution, comme sous un couvercle, et plaqué les particules fines plus bas que d’ordinaire. 

Quels effets sur la santé ? Une augmentation du nombre de consultations et d’hospitalisations est habituellement observée lors des pics de pollutions aux particules fines. Chez les personnes en bonne santé, la pollution aux particules fines favorise la toux et les irritations des yeux et de la gorge. En plus d'irriter les muqueuses, ces polluants, recrachés en majorité par les véhicules au diesel, les cheminées d'usines ou encore le chauffage urbain, pénètrent facilement l'arbre pulmonaire, jusque dans les petites bronches et les alvéoles où s’effectuent les échanges gazeux. Elles peuvent alors provoquer une irritation des bronches et déclencher ou aggraver une réaction allergique ou asthmatique. Les effets sont évidemment variables selon les individus : les personnes âgées, les femmes enceintes, les bébés, les personnes présentant des problèmes respiratoires (asthme, bronchite chronique), les malades chroniques (pathologies cardio vasculaires, diabète), mais aussi les fumeurs qui sont plus susceptibles d’être affectés par les particules fines. A noter également qu'en période de libération de pollens, les particules fines favorisent leur pénétration dans les petites bronches, aggravant alors les symptômes des allergiques. L’Institut de veille sanitaire (InVS) s’intéresse depuis quelques années à l’impact à court terme de ces particules en suspension sur la mortalité dans les grandes villes françaises. Dans une étude publiée en janvier dernier, il affirmait que cette pollution pouvait provoquer des décès liés à des accidents cardiovasculaires, en particulier après 75 ans et en période estivale.

A long terme, et selon l'OMS, l’exposition régulière aux particules fines (classées cancérigènes depuis 2012) est responsable d’une diminution de l’espérance de vie, avec une augmentation des cancers bronchiques. Elles peuvent par ailleurs favoriser l'apparition de l’asthme et des allergies. 

Que faire en cas de pic de particules fines ? Lors d'un pic de pollution aux particules fines annoncé par AIRPARIF, il est fortement conseillé de :

  • Ne pas fumer afin d'éviter d'aggraver les réactions.
  • Ne pas utiliser de substances polluantes comme des solvants ou encore de faire des travaux afin de ne pas aggraver les manifestations cardio-respiratoires.
  • Ne pas faire de sport à l'extérieur avant la tombée de la nuit et limiter les efforts.
  • Eviter de promener les bébés dans les poussettes.
  • Aérer plutôt le matin tôt et le soir.
  • Limiter sa vitesse lors des déplacements en voiture, voire éviter de prendre sa voiture.
  • Diminuer l'intensité du chauffage.

Paris n'est pas la ville la plus polluée de France. Même si Paris était particulièrement polluée ces dernières heures, c’est Marseille qui arrive en tête du classement des villes les plus polluées aux particules fines, selon une étude publiée en janvier dernier par l’InVs, avec un taux annuel de 31,8 microgrammes / m3, suivie de Lille (30,9), Lyon (29,5), Nice (29,2), Grenoble (27,5), Lens-Douai (27,3) et Paris (27).

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