Somnifères, anxiolytiques : en consommer trop expose à la maladie d'Alzheimer

Une étude confirme le lien entre la prise de benzodiazépines et le risque de développer une maladie d'Alzheimer. Surtout lorsqu'on en consomme sur une longue période.

Somnifères, anxiolytiques : en consommer trop expose à la maladie d'Alzheimer
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Alors que la consommation de somnifères et d'anxiolytiques des Français est déjà dans le rouge, une étude menée pendant 6 ans par des chercheurs de l'Inserm fait le lien avec le risque de développer la maladie d'Alzheimer

Leur conclusion, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) est sans appel : il existe bien un lien entre la consommation de somnifères et de tranquillisants et le fait de développer la maladie d'Alzheimer après 65 ans. Et pour la première fois, l'étude montre que c'est surtout leur utilisation sur une longue durée qui pose problème. Selon les chercheurs de l'Unité Inserm 657, prendre ces médicaments de la famille des benzodiazépines pendant trois mois ou plus est associée à un risque accru (jusqu'à 51 %) de développer ultérieurement la maladie d'Alzheimer. Pire, si la consommation atteint 6 mois, ce risque grimpe à 80 % ! "La force de l'association augmente avec la durée de l'exposition", explique Sophie Billioti de Gage, chercheur à l'Inserm. Les chercheurs recommandent donc de contrôler la bonne utilisation de ces molécules en limitant les prises aux périodes pour lesquelles elles sont recommandées. 

Problème : les Français battent tous les records de consommation de somnifères et d'anxiolytiques, avec 131 millions de boîtes vendues en 2012, soit près de 4 % de la consommation totale de médicaments. Et alors que ces médicaments contre les troubles du sommeil et les symptômes anxieux devraient être prescrits pendant quelques semaines, les ordonnances sont souvent renouvelées pendant plus de 3 mois, voire sur plusieurs années. Les auteurs incitent donc à la sensibilisation et au respect des bonnes pratiques associées à leur utilisation telles que des prescriptions justifiées et de courte durée. "Cela permettrait de veiller à limiter l'utilisation de ces molécules à quelques semaines, une durée pour laquelle les chercheurs n'ont pas observé d'effets délétères sur le risque de démence ultérieur" souligne Sophie Billioti de Gage.

Prudence si vous arrêtez votre traitement. Outre le risque de démence, prendre des somnifères ou des tranquillisants sur plusieurs années expose à des risques d'abus et de dépendance. L'arrêt de ces médicaments entraînant un grave phénomène de sevrage. Pour éviter ces symptômes (anxiété, convulsions, etc.), consultez votre médecin.

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