Qui sont les vapoteurs ?

Entre 1 et 2 millions de personnes utiliseraient quotidiennement la cigarette électronique en France. Il s'agit majoritairement de fumeurs qui essaient d'arrêter de fumer ou de réduire leur consommation.

Qui sont les vapoteurs ?
© Artur Marciniec - Fotolia.com

La cigarette électronique n'est plus un phénomène de mode. Néanmoins, on manquait de données relatives à sa consommation et aux modalités d'usage. Dans ce contexte, l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), un organisme indépendant des intérêts économiques du secteur, a mené fin 2013 une enquête par téléphone auprès de 2 000 individus âgés de 15 à 75 ans. Ses résultats donnent une première photographie du phénomène. En voici les principaux enseignements.

En novembre 2013, la cigarette électronique est connue de la très grande majorité des Français. Entre huit et neuf millions de Français l'auraient déjà essayé, "et un à deux millions l'utiliseraient quotidiennement", selon l'Observatoire. Sans surprise, ce sont prioritairement les fumeurs qui se tournent vers les cigarettes électroniques. Même si 9 % des "expérimentateurs" de la cigarette électronique déclarent n'avoir jamais ou presque fumé de tabac, tous les vapoteurs réguliers sont soit des fumeurs (78 %), soit des ex-fumeurs (22 %). La cigarette électronique semble ainsi constituer, du moins pour le moment, plutôt une solution de sortie du tabagisme qu'une "porte d'entrée".
L'essayer c'est l'adopter ? Selon l'observatoire, les 15-34 ans, qui sont les plus nombreux à expérimenter la cigarette électronique sont aussi les moins nombreux à en faire une habitude régulière. Séduits par l'effet de mode, ils se contenteraient donc de tester. Au contraire, c'est après 35 ans que les personnes semblent plus enclines à "adopter" la cigarette électronique après l'avoir essayée. En particulier, les plus de 50 ans, sans doute davantage engagés dans une démarche de sevrage, sont en proportion plus nombreux à utiliser l'e-cigarette au quotidien. Parmi les utilisateurs récents, les 50-75 ans sont ainsi 67 % à être des utilisateurs quotidiens. "Confrontés aux dommages sur la santé, avérés ou ressentis comme très probables, d'un tabagisme le plus souvent ancien (plusieurs décennies), les fumeurs plus âgés tendraient à se tourner vers la cigarette électronique pour réduire les risques", analysent les auteurs de cette enquête. 
De nouveaux substituts nicotiniques ? Le phénomène de vapotage est récent et sans doute lié à une forte médiatisation, elle-même liée à la remise du rapport de l'OFT à la Ministre de la santé en mai dernier. Aujourd'hui, trois quarts des personnes interrogées déclarent avoir commencé à vapoter dans les 6 mois précédents. Une grande majorité d'entre eux (78 %) possèdent leur propre cigarette électronique. Le prix ne semble donc pas être un frein, même s'il faut débourser au minimum 50 euros pour une cigarette électronique rechargeable et un peu moins de 6 euros par flacon de 10 mL d'e-liquide. Quant au choix de cigarette électronique, les trois quarts des utilisateurs se tournent vers des cigarettes électroniques contenant de la nicotine. Parmi eux, quatre sur dix choisissent un dosage moyen (entre 7 et 12 mg / ml). Les autres optent à part égale soit pour de faibles concentrations en nicotine (entre 1 et 6 mg / ml), soit pour un fort dosage (supérieur à 12 mg / ml). A noter aussi que les vapoteurs achètent très majoritairement (58 %) leurs cigarettes électroniques dans des magasins spécialisés et chez les buralistes (plus de 20 %).
Enfin, question cruciale : pourquoi troquer sa cigarette pour une e-cigarette ? Pour la moitié des enquêtés, la principale motivation est le sevrage total. Un constat qui rejoint une enquête réalisée en Grande-Bretagne auprès des usagers et selon laquelle 34 % des vapoteurs déclarent utiliser la cigarette électronique pour arrêter de fumer et 28 % "parce qu'ils ont déjà essayé d'arrêter et veulent une aide pour y arriver définitivement".
De son côté, la Haute autorité de Santé (HAS) qui publiait en janvier ses recommandations sur le sevrage tabagique, n'a pas tranché, estimant qu'il ne fallait ni recommander ni dissuader l'usage de la cigarette électronique.

Source : enquête ETINCEL / OFDT, février 2014.

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