Le burn-out, bientôt reconnu comme maladie professionnelle ?

Une trentaine de députés de gauche ont lancé un appel au gouvernement pour que le burn-out, qui touche plus de 3 millions de Français, soit reconnu maladie professionnelle.

Le burn-out, bientôt reconnu comme maladie professionnelle ?
© ev Dolgatsjov - Fotolia.com

C'est via une tribune dans le Journal du Dimanche, qu'une trentaine de députés emmenés par Marie-Françoise Bechtel, députée chevènementiste de l'Aisne, demandent que le burn-out soit reconnu maladie professionnelle. Une initiative indispensable pour que le stress au travail "soit à la charge de ceux qui en sont responsables, c'est-à-dire les employeurs", justifient les signataires. Il faut savoir qu'aujourd'hui, le congé maladie ou le temps partiel thérapeutique sont pris en charge par le régime général de la Sécurité sociale. Soit un poids de plus de 1 milliard d'euros supportés par la collectivité. "Basculer" le remboursement sur la branche accident du travail et maladies professionnelles (AT-MP), financée à 97 % par les cotisations patronales, mettrait fin, selon les signataires de l'appel, à "une situation inéquitable". "Il ne s'agit pas de définir un système punitif mais de s'engager dans la voie de la responsabilité partagée et ce pour le bien commun. En suscitant le dialogue entre les partenaires sociaux sur l'organisation du travail, nous basculerons en effet d'un modèle de réparation minimale à un modèle de prévention du burn out au sein des entreprises", justifient encore les députés.
Quand le corps dit stop. Au départ décrit chez les professionnels médicaux urgentistes, le burn-out touche désormais toutes sortes de professions. Plus de 3 millions de personnes seraient touchées en France par ce fléau sociétal. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), il se caractérise par "un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d'incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail". Les effets de l'épuisement professionnel sont d'abord visibles sur le lieu de travail : les personnes ressentent une profonde baisse de motivation ainsi qu'un manque d'efficacité et une baisse d'estime de soi. Elles se sentent dépassées par la charge de travail mais aussi frustrées. L'étape suivante, c'est lorsque cet état déborde sur la sphère privée et que les personnes se coupent de leur vie sociale.

Aujourd'hui, selon un baromètre Cegos (novembre 2014), un salarié sur quatre du secteur privé déclare avoir eu un problème psychologique grave au travail et, 26 % des salariés et 22 % des manageurs estiment que le travail a été directement à l'origine de leurs troubles, plus de 50 % disant subir un stress régulier au travail.

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