Hypocondriaques : tout savoir en 10 réponses Sans soins, l'hypocondrie peut détruire une vie

Tout tourne autour de la santé de la personne hypocondriaque. Progressivement, elle devient incapable d'aller travailler, trop accaparée par tous ses symptômes. Le point sur les complications que la maladie peut générer.

Contrairement au phénomène constaté dans le cadre des maladies psychosomatiques, l'hypocondrie ne rend pas ses victimes malades physiquement. Ce n'est pas parce qu'un hypocondriaque craint pendant des années de développer un cancer du foie ou une maladie incurable de la peau que cette pathologie va survenir. Au contraire, les hypocondriaques vivent globalement très vieux, peut-être parce qu'ils sont examinés régulièrement sous toutes les coutures, ne laissant aucune chance à la moindre maladie de se développer ?
En revanche, la vie de l'hypocondriaque, s'il ne trouve pas une solution à son problème, peut vite s'avérer un calvaire. "Le principal risque, en l'absence de soins, est de voir l'hypocondrie s'installer durablement", explique la psychologue Michèle Declerck.
Si tel est le cas, la maladie ne laisse, peu à peu, plus de place pour le reste. Tout tourne autour de la santé de la personne hypocondriaque. Progressivement, elle devient incapable d'aller travailler, trop accaparée par tous ses symptômes et tous les examens qu'elle doit faire pour écarter différentes pathologies.

un vrai calvaire s'installe.
Un vrai calvaire s'installe. © Yuri Arcurs - Fotolia.com

De même, la vie sociale est réduite à sa plus simple expression : tout ce qui préoccupe l'hypocondriaque est sa santé, il y a consacre tout son temps et toute son énergie. D'une part, il n'a donc pas la place nécessaire pour des amis, d'autre part, ceux qu'ils pouvaient avoir risquent de finir par se laisser de cette conversation à sens et à sujet unique.

Hypocondriaque et heureux ?

Même chose en ce qui concerne la vie sentimentale, quoique certains conjoints s'accommodent bien du rôle d'ange gardien qui leur incombe. Mais même lorsque le couple perdure, la vie sexuelle disparaît peu à peu. "Le malade s'enlise", résume Michèle Declerck.

A tous ces soucis, vient souvent s'ajouter un soupçon de paranoïa, encore qu'il puisse aussi s'agit d'une cause plutôt que d'une conséquence de la maladie. Mais la dimension paranoïaque de la maladie est affirmée. La preuve : le sujet se sent même persécuté de l'intérieur.

Est-il possible d'être tout de même heureux en étant hypocondriaque sévère ? "Je ne crois pas, non, estime Michèle Declerck, même si le malade en retire tout de même ce qu'on appelle des bénéfices secondaires, comme le fait qu'on s'occupe de lui, qu'il est assisté. Mais au final, non, je ne pense pas que ce soit possible d'être heureux de cette façon." Quant à savoir si l'hypocondrie peut provoquer une dépression, c'est un peu compliqué : on ne peut pas dire avec certitude lequel des deux a déclenché l'autre, mais les deux sont souvent associés.

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