Mieux comprendre le TOC La stimulation cérébrale, une technique d'avenir ?

Hélas, il y a des patients dont les TOC sont particulièrement récalcitrants et pour qui aucun traitement ne fonctionne. Or, il existe une méthode qui en est encore au stade expérimental et qui, si elle s'avère efficace, pourrait être salvatrice pour les 20 % de patients qui ne connaissent pas d'amélioration significative après traitement. Pour Frédéric Chapelle, "c'est une technique d'avenir dont on attend beaucoup et qui pour l'instant en est encore au stade expérimental. En France, cela fait 3 ans que l'on teste cette méthode et on tente d'en tirer le rapport bénéfice/risque pour savoir s'il faut ou pas la généraliser."

Cette méthode, c'est la stimulation électrique cérébrale. Lors d'un traitement expérimental par électro-stimulation d'un malade atteint de la maladie de Parkinson, qui se trouvait également être touché par un TOC, ce dernier avait disparu suite aux stimulations. En 2006, un groupe coordonné par l'équipe "Behavior, Emotion and Basal Ganglia", du Dr Mallet, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, publie dans le New England Journal of Medicine les résultats d'un essai portant sur 16 patients souffrant de TOC sévères. Chez certains d'entre eux, les stimulations électriques cérébrales ont réussi à faire totalement disparaître le TOC.

Un pacemaker pour le cerveau

En pratique, cette méthode consiste à implanter deux électrodes sur une zone bien précise du cerveau. Elles sont reliées à un stimulateur implanté sous la peau. C'est en quelque sorte un pacemaker qui délivre en continu un courant électrique destiné à contrer les signaux anormaux émis par le cerveau. Et donc, la stimulation électrique de la zone que l'on pense incriminée permet de favoriser la sécrétion de sérotonine, qui est déficiente chez les personnes souffrant de TOC. Cette méthode est déjà utilisée dans le traitement de la maladie de Parkinson.

Pour l'instant, elle est testée sur des personnes dont les TOC sont résistants et qui sont malades depuis plusieurs années. "Mais je ne crois pas que cette technique permettra à elle seule de résoudre tous les problèmes du patient, tempère Frédéric Chapelle.  

La technique reste à affiner, notamment en tentant de déterminer avec le plus de précision possible la ou les zones du cerveau impliquées. Et c'est très difficile parce qu'en pratique, on ne peut le savoir qu'a posteriori.

Et il ne faut pas oublier que l'intervention chirurgicale est très lourde et n'est pas dénuée de risques, comme toute intervention. Hémorragies cérébrales et infections sont les deux principaux risques liés à l'intervention. Après, en termes d'efficacité, on ne peut rien conclure pour l'instant. Parfois, cela fonctionne à merveille et le patient est littéralement métamorphosé et libéré de ses souffrances. D'autres fois, cela ne fonctionne pas du tout."

Ainsi, même si les premiers résultats semblent prometteurs, de nombreuses interrogations restent en suspens, notamment sur la zone ciblée, sur le réel bénéfice pour les patients, sur la viabilité sur le long terme, etc.

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