Mieux comprendre le TOC Deux critères pour parler d'un TOC : le temps et l'incidence sur la vie quotidienne

Se laver les mains plus d'une dizaine de fois par jour, vérifier quatre à cinq fois que le gaz ou la porte est bien fermé... Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) peuvent prêter à sourire et faire passer les personnes qui en souffrent pour des Monica Geller (la maniaque dans la série Friends) en devenir. Et pourtant, les TOC n'ont rien d'amusant, bien au contraire, autant pour les personnes qui en souffrent que pour leurs proches.

Tout d'abord, il convient de faire le distinguo entre une simple manie et un véritable TOC. Etre perfectionniste, obsédé par la propreté ou le rangement ne signifie pas forcément être compulsif. Au contraire, cela permet dans la plupart des cas d'avoir une bonne image de soi et cela peut contribuer à la réussite professionnelle. A condition que... le temps passé à accomplir ces rituels et leur incidence sur le quotidien soient minimes.

Définition du TOC

Les troubles obsessionnels compulsifs sont une forme de trouble anxieux. Les personnes atteintes sont obnubilées par des pensées angoissantes difficiles à ignorer et qui parasitent leur esprit. Ces pensées envahissantes noient littéralement la personne souffrant de TOC, qui en vient à culpabiliser et qui les perçoit comme un signe de mauvais augure. Elles s'accompagnent d'une profonde anxiété qui ne peut être apaisée que par l'accomplissement de compulsions ou rituels. En France, on estime que 2 % à 3 % de la population serait touchée.

Le TOC peut se décomposer en trois phases bien distinctes.

 L'obsession : c'est une pensée intrusive qui vient s'imposer à l'esprit et dont le malade ne peut se débarrasser. Cette pensée, tout le monde peut l'avoir à un moment ou un autre sauf que pour une personne ne souffrant pas de TOC, elle finira par sortir de la tête, naturellement.

 Chez les personnes souffrant de TOC, cette pensée va déclencher une angoisse très forte.

 Pour apaiser son angoisse, la personne va céder à une compulsion qui prend la forme d'un rituel.

 

Frédéric Chapelle, médecin psychiatre et président de l'Association française de thérapie comportementale et cognitive, explique comment sont distinguées les simples manies de véritables TOC : " Nous disposons de deux critères pour cela :

 Le temps consacré chaque jour aux rituels : si cela dépasse une heure, on peut suspecter un TOC.

 L'incidence que peut avoir ce TOC sur la vie sociale, personnelle, professionnelle, etc. Prenons l'exemple d'une secrétaire qui souffrirait d'un TOC de vérification. Elle vérifie systématiquement que le courrier est convenablement rédigé, sans faute d'orthographe. Elle cachète puis décachète l'enveloppe plusieurs fois pour s'en assurer. Et donc, au lieu de passer 30 secondes par enveloppe, elle va y passer 5 minutes et ça fait autant de temps de perdu par jour." 

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