Idées reçues sur la schizophrénie C'est surtout pour eux-même qu'ils représentent un danger

Dans la mesure où les personnes souffrant de schizophrénie peuvent être sujettes aux hallucinations verbales, il est certain que leur comportement peut être déroutant d'une part, mais surtout potentiellement dangereux, tant pour eux que pour leur entourage.

Mais c'est surtout pour eux-mêmes qu'ils peuvent l'être. Comme le confirme le professeur Franck : "Il est souvent très difficile pour la famille de faire face aux problèmes comportementaux de l'un des leurs. Par ailleurs, la schizophrénie souffre d'une mauvaise image et la maladie du patient est alors taboue. De ce fait, l'accès aux soins des malades est bien souvent tardif. C'est d'ailleurs pour cela que les cas de suicides sont très fréquents chez les personnes souffrant de schizophrénie. On estime que dans 15 % des cas de suicides, c'est une personne souffrant de schizophrénie qui est passée à l'acte".

Lorsqu'il y a passage à l'acte sur autrui, ce qui reste tout de même assez rare, le malade a une motivation bien précise et le fait le plus souvent par erreur. Par exemple, il lui est possible de penser que l'un de ses proches a été remplacée par un sosie ou qu'il a des idées malfaisantes à son égard. Ce n'est pas une généralité, ces cas sont assez rares, et il n'est pas utile de s'inquiéter plus que de raison. "Il est très important que les proches ne soient pas dans le déni, qu'ils maintiennent le dialogue avec le malade, qu'ils l'amènent à consulter... Même s'il est difficile pour les eux d'admettre que l'un des leurs est atteint de schizophrénie."

Pour améliorer la vie du patient et l'aider à surmonter ses troubles, il est nécessaire de consulter au plus vite. "Comme dans bien des cas, plus la prise en charge est précoce, plus le traitement est efficace. Le délire, en particulier, est réversible, il est possible d'améliorer la vie du patient", ajoute le Pr Franck. En cas de danger imminent pour lui ou un tiers, il faut absolument appeler les secours (les pompiers au 18). S'il y a une urgence, la loi du 27 juin 1990 permet, en cas de danger, d'hospitaliser un malade sans son consentement sur la demande d'un tiers.

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