Faut-il faire confiance à l'hypnothérapie ? Y.-A. Thalmann : "Toujours coupler l'hypnothérapie avec un autre traitement"

 

Yves-Alexandre Thalmann est psychologue et formateur dans le domaine des compétences interpersonnelles. Sans pratiquer l'hypnothérapie lui-même, il connaît toutefois bien ce domaine.

Quel regard portez-vous sur l'hypnose médicale ?

Il convient d'abord de distinguer l'hypnose de foire, qui n'est rien d'autre qu'un spectacle, de l'hypnose thérapeutique. Il est primordial de se souvenir que l'hypnose ne peut en aucun cas nous faire faire quelque chose que l'on ne souhaite pas effectuer. Lorsqu'une personne se déshabille sur scène, c'est très probablement qu'inconsciemment, elle a des penchants exhibitionnistes, dont elle ne se doutait peut-être pas. Même chose lorsque dans les films policiers on voit un espion qui finit par déballer tous ses secrets sous l'effet de l'hypnose : ce n'est pas possible.

En ce qui concerne l'hypnose médicale, elle a des effets prouvés en termes d'antalgie. C'est bien pour ça qu'elle est de plus en plus utilisée, dans les soins dentaires notamment.

Ce type de thérapie est-il fiable ?

Il ne s'agit pas d'une science exacte. On estime qu'environ 80 % des patients y sont réceptifs. Pour que cela fonctionne, il faut en outre trouver le bon praticien et la bonne technique parmi les outils à la disposition du thérapeute.

Quoiqu'il en soit, elle ne doit jamais être la seule thérapie mise en place. Ainsi, pour les anesthésies, il y a bien sûr toujours un médecin "traditionnel" présent dans la salle d'opération, dans le cas où l'hypnose ne suffirait pas.

Comment savoir si l'on a choisi le bon praticien ?

 Il y a des éléments concrets : par exemple, il vaut mieux se diriger vers quelqu'un qui a un diplôme médical ou de psychologie. Ensuite, c'est une question de feeling : pour que ça marche, le courant doit passer entre les deux personnes. Ne vous laissez pas non plus abuser par des promesses de guérison : un praticien sérieux ne promettra jamais rien. 

 

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