Comme son nom l'indique, l'anorexie mentale se joue en premier lieu sur le plan psychologique. Il s'agit d'un trouble mental avant d'être un désordre alimentaire. Un trouble qui se traduit physiquement, par un refus de s'alimenter et un amaigrissement souvent qualifié de suicidaire.
Cette maigreur extrême va provoquer divers troubles liés au déficit de vitamines, de nutriments et, tout simplement, au manque de graisses dans l'organisme. Des troubles assez graves pour entraîner la mort en stade terminal de la maladie, lorsque rien n'est fait pour pallier les manques.
Les symptômes sont donc tout ce qu'il y a de plus physique mais les causes, elles, sont toutes issues de l'esprit de la personne malade : elle n'a, à la base, aucun souci digestif, parfois même aucun surpoids à éliminer. Mais, ainsi que l'exprime le nutritionniste Franck Sellinger dans son livre "L'anorexie", leur miroir intérieur est brisé : ces personnes ne se perçoivent plus telles qu'elles sont réellement.
Si la guérison passe par une reprise de poids, celle-ci ne peut survenir de façon durable que si le malade est en train de guérir psychologiquement et décide qu'il ne veut plus être comme ça. Encore là, si le corps peut accepter une réalimentation et une reprise de poids relativement rapide, il n'en est pas forcément de même de l'esprit. C'est lui qui contrôle et "décide" à quelle vitesse il est capable d'accepter ces nouveaux kilos qui remettent une nouvelle fois en cause l'identité du malade.
Paradoxalement, c'est pourtant en fonction du poids de la personne malade que l'on détermine la sévérité de l'anorexie. Elle est en effet définie en fonction de l'indice de masse corporelle (IMC), qui se détermine en divisant le poids en kilos par la taille au carré (en mètres). Un IMC normal se situe entre 18,5 et 23. On parle d'anorexie modérée lorsqu'il passe sous la barre des 17,5, d'anorexie sévère en dessous de 15 et d'anorexie critique sous le seuil de 12,5 (ce qui représente, par exemple, 32 kg pour 1,60 m).