Détecter et comprendre l'anorexie Anorexie : après une guérison, des séquelles très rares

Le corps a ceci d'extraordinaire qu'il peut se remettre rapidement du genre de supplice qu'on lui a imposé pendant des années. Même lorsque l'anorexie est allée assez loin, les jeunes filles peuvent retrouver une vie tout à fait normale par la suite.
Elles peuvent, notamment, faire des enfants, alors qu'on a longtemps cru qu'elles devenaient stériles.Certains organes peuvent toutefois demeurer fragiles lorsqu'ils ont été trop malmenés pendant trop longtemps. Troubles de la digestion, maux d'estomac peuvent donc survenir. Mais dans l'ensemble, les ex-anorexiques ne sont pas en moins bonne santé que la moyenne de la population. Ces personnes peuvent aussi rester un peu fragiles ou à tout le moins sensibles psychologiquement.

Parmi les personnes anorexiques qu'il a croisées, le Dr Senninger estime qu'un tiers s'en sortent totalement et sans séquelles. Pour un autre tiers, l'anorexie devient chronique (c'est plus souvent le cas lorsque la maladie se déclenche à l'âge adulte), c'est-à-dire que la personne apprend à vivre avec. Elle connaît par cœur le type d'aliments qu'elle doit ingérer, le nombre de calories nécessaires pour se maintenir en vie et continuer à avancer. Lorsque la maladie dure depuis plusieurs années sans amélioration notable, l'anorexie prend souvent le chemin de la chronicité. Malheureusement, un tiers des personnes touchées ne s'en sortent pas et finissent par décéder de complications liées à la maladie.

guérir de l'anorexie, c'est possible.
Guérir de l'anorexie, c'est possible. © Yuri Arucurs - Fotolia.com
Pas si rare

Difficile d'évaluer le nombre réel d'anorexiques car la maladie est souvent tue et soignée par divers médecin, du traitant au spécialiste, psy ou nutritionniste. Mais "l'anorexie est beaucoup plus répandue qu'on ne le croit, estime Franck Senninger. Je dirais que chaque médecin traitant doit avoir deux ou trois cas parmi l'ensemble de sa clientèle."

Plus la maladie est détectée tôt plus elle a de chances d'être bien soignée et le corps du patient de moins souffrir. C'est pourquoi il est important de guetter les signes chez quelqu'un si on est inquiet. Ce peut être le fait de porter des vêtements amples, d'avoir un visage pâle, qui s'amaigrit, d'avoir toujours de bons prétextes pour ne pas manger en même temps que les autres. Mieux vaut alerter le médecin pour "rien" plutôt que d'attendre une phase critique pour consulter.

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