Détecter et comprendre l'anorexie 10 signes pour reconnaître l'anorexie

Le chemin de l'anorexie est bien connu. Au-delà de la (des) cause(s) qui a déclenché la maladie, le processus qui conduit à l'amaigrissement et au renfermement sur soi est à peu près toujours le même.

 Le départ est souvent progressif. La personne peut par exemple décider de faire un régime pour perdre quelques kilos et finalement basculer dans l'obsession de la balance et de la restriction alimentaire. Petit à petit, elle finit par ne quasiment plus s'alimenter. "C'est bien souvent ainsi que cela débute, note le Dr Sellinger. Le régime, justifié ou non d'ailleurs, dérape et la personne se prend en quelque sorte à son propre jeu."

l'anorexique au quotidien.
L'anorexique au quotidien. © Chlorophylle - Fotolia.com

 Elle cache le plus souvent à son entourage le fait qu'elle ne mange presque plus : elle chipote dans l'assiette mais donne l'impression d'avoir tout de même picoré, elle s'arrange pour ne pas prendre ses repas en même temps, dissimule son amaigrissement sous des vêtements larges... Parfois, cette personne peut également présenter des signes de boulimie : après des jours de frustration, elle avale soudain toute nourriture qui lui tombe sous la main, pour aller ensuite se faire vomir.

 Pour tenir le coup, la personne anorexique conserve tout de même quelques aliments dits "repères".  Elle les absorbe souvent selon un rituel bien précis. Il peut s'agir par exemple d'une biscotte avec un bol de thé le matin ou d'un yaourt avec une demi-banane en milieu de journée. Ce rituel persiste en général même au pire de la maladie.

 Elle se pèse tous les jours et même, souvent, plusieurs fois par jour. Le moindre gramme supplémentaire affiché sur la balance est problématique et peut la conduire à redoubler de vigilance. En même temps, au plus fort de la maladie, voir l'aiguille de la balance baisser peut devenir également un problème, car elle sait que sa santé est en danger (et peut éventuellement se faire hospitaliser contre son gré par sa famille).

 Bizarrement, elle a souvent beaucoup moins de problème avec la nourriture liquide qu'avec la nourriture solide. "Le liquide fait moins peur, il ne donne pas cette impression d'avoir le ventre complètement rempli une fois qu'on l'a absorbé, même s'il peut être aussi, voire plus calorique, que certains aliments solides. A l'inverse, je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais la viande constitue pour beaucoup d'anorexiques un élément particulièrement repoussant", se souvient Jessica Nelson.

 Elle adore cuisiner pour les autres et les regarder manger. "Beaucoup des jeunes femmes que j'ai rencontrée pour mon livre collectionnaient les recettes de cuisine", se souvient Jessica Nelson.

 Elle est souvent obsédée par le sport et l'activité physique. Elle peut le pratiquer à outrance, fait souvent des mouvements de musculation juste après les repas. Lorsque le poids devient critique, elle est souvent contrainte d'arrêter, faute de forces suffisantes. "J'ai fini par demander une dispense de sport quand je me suis rendue compte que cela me pénalisait pour ma moyenne du bac, précise Jessica Nelson. Mon médecin attendait ce moment depuis longtemps mais a eu l'intelligence de ne pas me l'imposer."

 D'une manière générale, l'anorexique aime pratiquer ses activités à l'excès et peut s'y épuiser : études, musique, sport, etc.

 Avec ses proches, la personne malade est souvent agressive, impulsive, coléreuse. Elle peut même se révéler tyrannique, notamment au moment de la préparation des repas.

 

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