Ces questions psy qu'on n'ose pas poser Je suis souvent mélancolique, suis-je dépressive ?

Le dimanche soir alors que le week-end touche à sa fin ou après une soirée en solitaire, au moment d'aller vous coucher, vous vous sentez souvent un peu tristounette, vous vous dites que la vie manque parfois un peu de couleurs, vous avez le cafard, bref : vous êtes "mélancolique", quoi. Alors, c'est grave docteur ?

Euh, si vous étiez réellement mélancolique, ce serait effectivement très sérieux, car il s'agit d'une forme de dépression. Mais ici, il semble plutôt s'agir d'un abus de langage très courant aujourd'hui : par mélancolie, on désigne un vague à l'âme passager et un peu romantique. C'est un état que nous avons presque tous ressentis à un moment ou à un autre (à la fin des vacances, oui, avouez-le, ou au milieu de l'hiver, quand il fait nuit à 16h...). Si ces états sont réellement passagers et qu'ils ne se répètent pas sur une longue période de temps, vous n'avez a priori pas lieu de vous inquiéter, à moins qu'ils ne soient accompagnés d'autres signes potentiellement révélateurs de dépression (insomnies en fin de nuit, fatigue permanente, envie de rien, etc.).

Ne pas confondre déprime et dépression

La "vraie" mélancolie, elle, est autrement plus dangereuse. Elle désigne un véritable état dépressif, où la personne malade n'a plus envie de rien, n'a plus de goût ou d'intérêt pour rien et se pense incapable de quoi que ce soit, notamment d'améliorer cet état. Poussée à l'extrême, la mélancolie peut donc conduire au suicide, seule issue envisagée par le malade pour sortir de ce trou noir. D'autant que le mélancolique se sent souvent "nul" et responsable de tous les malheurs du monde. Une spécificité de la dépression mélancolique, c'est l'immense douleur morale qui y est attachée. Elle peut conduire au suicide mais aussi à tuer les personnes qu'on aime le plus, pour leur éviter la "souffrance de vivre".

Ce que l'on désigne par mélancolie aujourd'hui n'a pas grand-chose à voir. Dans le langage courant, la mélancolie, c'est plutôt ce spleen de l'artiste, sans conséquences graves et qui peut même être source d'inspiration pour les écrivains, peintres et autres compositeurs.

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