Ces maladies causées par l'alcool Coma éthylique : le grand classique

Le coma éthylique est plutôt l'apanage des jeunes et des fêtards, bien qu'il puisse également se manifester chez les personnes alcoolo-dépendantes. Dans tous les cas, il survient lorsqu'il y a eu une ingestion massive d'alcool en peu de temps. Nous ne sommes pas tous égaux devant l'alcool : notre résistance dépend à la fois de facteurs physiques (le poids notamment) mais aussi de notre accoutumance. C'est pourquoi il est plus fréquent de faire un coma éthylique quand on n'a pas spécialement l'habitude de boire. Le seuil de tolérance est alors relativement bas.

coma éthylique.
Coma éthylique. © runzelkorn - Fotolia.com

La victime du coma éthylique ne le voit généralement pas arriver. Les verres s'enchaînent, la sensation d'ivresse survient et bientôt, on ne maîtrise plus grand-chose : perte du contrôle des mouvements, de la parole. Puis des vomissements peuvent survenir et enfin un endormissement. C'est parfois au moment de cet endormissement que le coma survient : la personne sombre dans un état léthargique. Dans la version la plus grave du coma éthylique, le malade n'est plus du tout conscient, il ne répond pas aux questions de ses interlocuteurs, impossible de le réveiller. Il donne des signes de dépression respiratoire et d'hypotonie musculaire. De même, sa tension chute souvent et sa température corporelle peut baisser : c'est l'hypothermie. Enfin, le relâchement musculaire entraîne souvent une incontinence urinaire, car les sphincters qui contrôlent la vessie se relâchent.

Pas de séquelles

Une personne découverte en coma éthylique doit être prise en charge le plus rapidement possible et placée dans un service de soins intensifs. C'est pourquoi il ne faut pas hésiter à appeler les secours si l'on de vos compagnons de fête se trouve dans un état léthargique. Le traitement consiste avant tout en une réhydratation avec administration de vitamines. Un réchauffement progressif peut y être associé en cas d'hypothermie. Lorsque la quantité d'alcool ingérée est extrêmement importante (généralement au-delà de 6 g/L de sang), les médecins peuvent décider d'effectuer une épuration rénale. 

"Le coma éthylique ne laisse pas séquelles, commente Philippe Batel, responsable de l'Unité de traitement ambulatoire des maladies addictives (Utama), à l'hôpital Beaujon de Clichy. En général, il ne dure que quelques heures et on s'en réveille toujours. Les séquelles, neurologiques notamment, ne surviennent que si le coma est associé à une autre complication métabolique. C'est donc très rare."

Ce n'est pas une raison pour tenter l'expérience en pratiquant le fameux binge drinking cher aux anglo-saxons (boire le plus possible en le moins de temps possible). Par définition, lors d'un coma, vous êtes inconscient. Il peut donc vous arriver des tas d'ennuis : on peut profiter de vous et de votre portefeuille par exemple ou, d'un point de vue strictement médical, vous pouvez vomir pendant votre sommeil et vous étouffer... 

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