Ce qu'il faut savoir pour éviter le burn-out Témoignages : ils ont vécu le burn-out

Ils travaillaient tard le soir, en oubliaient parfois de s'alimenter ou même de prendre des nouvelles de leurs proches. Ils se croyaient fort et au-dessus de tout ça. Pourtant, un jour, le surmenage les a rattrapés. Les lecteurs racontent.

Julie : "Je connaissais des gens autour de moi l'ayant vécu et je ne comprenais pas comment ils pouvaient en arriver là. À la limite de la moquerie, je ne les comprenais vraiment pas. Et puis vint mon tour, il m'a fallu un sacré temps et des menaces de "vacances forcées" de mon chef pour remarquer que j'y étais. Pas de vraies vacances pendant plus de 2 ans, 12 h de boulot par jour, plus le reste à faire à la maison, plus le sport. Je me suis mise à faire des crises de pleurs, j'étais très susceptible, je pesais 53 kg pour 1,72 m. Mes yeux voyaient les mots mais je n'arrivais pas à lire, je voyais les chiffres mais je ne savais plus compter, j'entendais des mots mais je n'écoutais pas, impossible de me concentrer, d'avancer dans mon travail, asociale, mes amis n'existaient plus, plus de vie privée. Je dormais mais ça ne me reposait pas.

Heureusement Noël est arrivé. Ma boîte était fermée 2 semaines. Évidemment, dès le premier jour, je suis tombée malade, le corps s'est exprimé. Après 2 semaines au lit forcé, j'ai repris le travail de façon modérée. J'ai une assistante qui m'enlève une bonne partie des tâches au boulot, tout le monde n'a pas cette chance, maintenant je bosse 40 heures par semaine et je prévois de vraies vacances."

"Je devenais insupportable et je commençais à mettre une grosse pression à mon entourage. Et j'ai senti la dépression arriver."

Virginie : "C'était en 2007 et 2008... Je travaillais jusqu'à 50 heures par semaine. Avec un enfant en bas âge et les tâches ménagères, je ne me couchais pas avant minuit - 1h du matin pour me lever tous les jours à 6 h en semaine et quand je pouvais dormir jusqu'à 7h le week-end c'était une grasse matinée ! J'ai commencé à me sentir très fatiguée, carencée aussi, car étant très stressée, j'avais tendance à compenser en mangeant des grosses quantités de sucre et de chocolat, ce qui a fini par constituer mon alimentation de base. Je devenais insupportable et je commençais à mettre une grosse pression à mon entourage. Et j'ai senti la dépression arriver.

J'ai pris plusieurs décisions... J'ai demandé à changer de poste et j'ai fait une demande de mutation. J'ai lâché prise sur le ménage pour consacrer plus temps à mon enfant. Nous avons engagé une femme de ménage. Mais ce qui m'a le plus aidée, c'est d'écouter mon corps et de prendre certaines mesures comme faire une cure de compléments alimentaires et je me suis mise à faire la sieste tous les week-ends pendant celle de mon enfant. J'ai aussi fait un travail sur moi pour contrer le sentiment de culpabilité que j'éprouvais de ne pas tout assumer toute seule."

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