Ce qu'il faut savoir pour éviter le burn-out Les entreprises ont un rôle à jouer

Si la personnalité et l'implication de la personne dans son travail comptent pour beaucoup dans le développement du burn-out, l'environnement constitue lui aussi un facteur clé. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la course à la productivité dans laquelle se sont lancées beaucoup d'entreprises est propice au développement des phénomènes d'épuisement professionnel.
Pendant longtemps, les dirigeants d'entreprise ont véritablement ignoré cette problématique. Non seulement il leur paraissait normal d'être pressuré au travail mais ils en avaient fait un critère de recrutement, choisissant des collaborateurs en fonction de leur résistance au stress. "Depuis quelque temps nous amorçons un virage. Dans le cadre des formations que je dispense dans les entreprises, je constate une certaine prise de conscience des employeurs du fait qu'ils ont une part de responsabilité dans ces épuisements professionnels." Prise de conscience probablement accentuée par les récentes tragédies à répétition dans l'industrie automobile française, où plusieurs suicides ont eu lieu.
Même si les lignes ne bougent que doucement, le phénomène est en marche et Catherine Vasey joue un rôle de consultante dans certaines de ces entreprises qui souhaitent moderniser leur approche de la gestion du travail. "Beaucoup de chefs d'entreprise réalisent qu'il y a des choses à changer, mais n'ont aucune idée de la façon dont il faut s'y prendre. Nous sommes donc là pour les aider à mettre en place des stratégies", commente la psychologue. 

Réduire les facteurs de stress

Il peut en effet être compliqué de clarifier et de quantifier les facteurs de stress au sein d'une entreprise car ils sont potentiellement différents pour chaque travailleur. D'ailleurs, jusqu'à présent, seuls des outils d'évaluation individuelle du stress existaient. Le travail du consultant consiste donc à repérer les facteurs de stress et d'épuisement communs au plus grand nombre et à proposer à l'entreprise des façons de réduire ces facteurs. Horaires plus ramassés, possibilités de se détendre sur le lieu de travail, meilleure reconnaissance des efforts fournis... Les solutions sont multiples et propres à chaque situation. 

"Théoriquement, on devrait demander à chaque salarié quels sont ses facteurs de stress, pour mener une étude exhaustive, souligne Catherine Vasey. Mais si je n'ai pas la certitude que la direction va ensuite mettre en place des actions concrètes, je ne le fais pas. Pointer les facteurs d'épuisement sans essayer de les régler ne ferait qu'aggraver la situation."

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