Ce qu'il faut savoir pour éviter le burn-out Des travailleurs trop investis ?

S'il n'y a pas de profil socioprofessionnel type du burn-out, on relève en revanche certains traits de caractères communs aux personnes frappées par ce phénomène. Contrairement à ce que certains avancent parfois en plaisantant, les victimes de burn-out ne sont jamais des tire-au-flanc mais au contraire des travailleurs un peu trop acharnés. "On a généralement affaire à des gens très perfectionnistes, note Catherine Vasey. Ces personnes ne supportent pas de ne pas faire les choses à 100 %." Il ne leur suffit pas de faire bien les choses, il faut les faire à la perfection : un détail qui cloche et c'est tout leur travail qu'elles remettent en cause. En fait, cela va même souvent plus loin : elles se fixent des objectifs tellement idéalistes qu'ils en deviennent inatteignables. Et s'épuisent à vouloir les rattraper. 

"Ma profession me remplissait de plus en plus."

Bien souvent, ces personnes attachent également une importance excessive à leur travail, qui prend le pas sur tout le reste, notamment leur vie de famille. Le journaliste Thomas Knapp, qui a vécu un burn-out, décrit bien cette situation dans son ouvrage "Burn-out : la maladie du XXIe siècle". Passionné par son métier, il s'est lancé avec un groupe de journalistes dans la création d'un nouveau journal. Petit à petit, ce travail à la fois très prenant et très intéressant a dévoré sa vie : "Ma profession me remplissait de plus en plus. Avant, quand j'étais rédacteur sportif, j'avais aussi des horaires irréguliers mais je pouvais souvent quitter la rédaction en fin d'après midi. Cette fois, le soir, je n'avais ni le temps, ni l'envie de sauter sur mon vélo. Le boulot me donnait les satisfactions et confirmations nécessaires. Cela me suffisait."
Catherine Vasey renchérit : "Le burn-out survient généralement chez des gens qui constituent de véritables piliers dans l'entreprise : jamais malades, toujours là pour donner un coup de main lorsque c'est le rush. Bref, ce ne sont pas les fainéants qui sont victimes d'un burn-out !"
Au fil de ses consultations, la psychologue a remarqué un autre trait commun à beaucoup de victimes du burn-out : elles ont souvent tendance à trop tenir compte des besoins des autres. Et donc à tenter de les aider, quitte à ajouter à leur propre emploi du temps une surcharge de travail.

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