L'hypocondrie étant une maladie de l'esprit, c'est donc d'un psy que le malade a besoin, même s'il se refuse souvent à l'admettre. Le but de la thérapie est de faire réaliser au patient les éléments qui, dans son passé, ont pu déclencher ces symptômes.
Le simple fait de les avoir identifiés peut déjà procurer un grand soulagement et permet de faire accepter le fait que la maladie est bien psychique et non physique. Un travail supplémentaire peut toutefois être nécessaire pour faire taire l'hypocondrie elle-même. Des années passées à focaliser sur sa santé ne s'effacent pas en quelques séances. "Il n'est tout de même pas nécessaire d'aller jusqu'à la psychanalyse, qui dure des années et permet au patient de fouiller tous les aspects de sa vie, explique Michèle Declerck. En revanche, une thérapie d'inspiration analytique peut s'avérer très intéressante."
Et les résultats sont a priori beaucoup plus rapides : certains patients s'en sortent en quelques mois, d'autres prennent plusieurs années avant d'y voir plus clair.
Il est sans doute plus facile de se sortir d'une hypocondrie "récente", qui n'a pas encore chamboulé toute la vie. Mais cela vaut aussi la peine de venir chez le psy quand on est malade depuis 20 ans. "Il y a toujours une possibilité de s'en sortir, souligne Michèle Declerck. Le problème, quand la maladie est là depuis des années, c'est qu'une fois qu'on va mieux, il faut reconstruire toute sa vie sur de nouvelles bases, ce qui n'est pas évident."