Dépression : des symptômes à la prise en charge La dépression en questions / réponses

Les célibataires sont-ils plus déprimés que les couples ? Les électrochocs sont-ils encore utilisés ? Existe-t-il un gène de la dépression ?... Idées reçues autour de la dépression.

Les couples sont moins déprimés que les célibataires ?
Vrai.
Globalement, les personnes mariées ou vivant en couple, sont moins déprimées que les célibataires. Parmi les couples, et à âge égal, les femmes sont quand même plus souvent déprimées que leurs conjoints. Au contraire, les hommes veufs, divorcés ou célibataires seraient plus souvent déprimés que les femmes vivant seules.

Les femmes sont plus sensibles à la dépression que les hommes ?
Vrai.
La prévalence de la dépression est environ deux fois plus élevée chez la femme que chez l'homme. Plusieurs hypothèses à cela : l'influence des hormones, le vécu psychologique, le recours plus fréquent aux soins de santé. En revanche, les hommes déprimés se suicident deux à trois fois plus souvent que les femmes déprimées.

La dépression est une maladie spécifiquement occidentale ?
Faux.
Les états dépressifs sont retrouvés dans toutes les cultures. Ses symptômes physiques sont globalement similaires : troubles du sommeil, de l'appétit, altération de l'humeur, manque d'initiatives etc. Par contre, les pensées du déprimé varient d'une culture à l'autre. La
notion de culpabilité est très répandue dans les pays occidentaux. Au Maghreb et en Afrique noire, la dépression prend des formes plus délirantes avec des sentiments de persécution, d'envoutement et de sorcellerie.

la dépression touche plus souvent les femmes et peut survenir à tout âge.
La dépression touche plus souvent les femmes et peut survenir à tout âge. © Wavebreakmedia Micro - Fotolia.com

L'électrochoc est encore utilisé pour traiter la dépression ?
Vrai.
Le traitement par électrochocs est encore utilisé pour traiter les dépressions sévères ou en cas d'urgence et il est très efficace. Heureusement, ce n'est plus ce que c'était auparavant. Jusque dans les années 50, il était le seul traitement efficace, donc utilisé de manière trop systématique, et surtout sans anesthésie. Aujourd'hui, ce n'est plus un acte barbare. Il se fait sous anesthésie générale, en trois minutes et en évitant les secousses convulsives.

On ne guérit pas d'une dépression ?
Vrai et faux.
Un épisode dépressif est rarement unique. Environ 15 à 25 % des personnes rechutent dans l'année qui suivent un épisode et 50 à 85 % rechutent plus tard, au cours de leur vie. Par ailleurs, 20 % des dépressions sont chroniques, c'est-à-dire qu'elles s'installent de manière durable et s'inscrivent dans la personnalité de la personne déprimée.

Les animaux peuvent faire des dépressions ?
Vrai.
Mais il faut manier le terme de dépression avec précaution. Si les animaux peuvent ressentir de la tristesse, ils n'en n'ont pas forcément conscience et elle ne s'exprime pas toujours de la même manière.

La dépression est une maladie moderne ?
Faux.
La dépression ne date pas d'hier. Déjà elle était décrite par Hippocrate cinq siècles avant Jésus-Christ. Il parlait alors d'un excès de bile noire qui agirait sur le corps et l'âme des malades pour les rendre tristes. C'est de là qu'est née l'expression "broyer du noir". Au Moyen-âge, on associait volontiers dépression et péché. Au XIXème siècle avec le mouvement littéraire romantique, la dépression devient une source d'inspiration artistique. Le terme dépression est introduit dans le langage médical en 1819 par le médecin aliéniste français Jean Etienne Dominique Esquirol. En 1915, Freud décrit la dépression d'un point de vue psychanalytique.

La dépression est héréditaire ?
Vrai et faux.
Il est vrai que les expériences menées sur les vrais jumeaux plaident en faveur d'un facteur génétique. Il est vrai également que dans les formes bipolaires (alternance d'épisodes dépressifs et maniaques) le rôle de l'hérédité est démontré. Il est vrai, enfin, que certaines personnes semblent plus vulnérables et émotives aux événements. Cependant, il n'existe pas de réelle preuve scientifique d'une quelconque hérédité et notamment de l'existence d'un gène de la dépression.

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